COVID-19 : quels traitements sont efficaces sur les variants actuels ?

Fanny Le Brun

Auteurs et déclarations

16 février 2023

France — Plusieurs traitements sont disponibles pour la prise en charge des personnes à haut risque de forme grave de Covid-19 mais l’émergence de nouveaux variants impacte leur efficacité. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient de faire le point sur l’utilisation de ces traitements [1].

Quels traitements peuvent encore être utilisés ?

En traitement curatif, pour les patients non oxygénorequérants à risque élevé d’évolution vers une forme sévère de Covid-19 :

  • Paxlovid® (nirmatrelvir / ritonavir) en première intention ;

  • Veklury® (remdesivir) en deuxième intention en cas de contre-indication formelle à Paxlovid®, et en l’absence de contre-indication notamment rénale.

Paxlovid® est un antiviral administré par voie orale. Il dispose d’une AMM européenne et est remboursé en ville. Il doit être administré le plus précocement possible après le diagnostic de Covid-19 et au maximum dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes. Pour les patients adultes qui pourraient en bénéficier, une ordonnance conditionnelle d’une durée de 3 mois maximum peut être établie afin de faciliter l’accès au traitement en pharmacies de ville. Il est important de rappeler qu’il existe un risque important d’interactions médicamenteuses avec Paxlovid® (consulter le résumé des caractéristiques du Produit et le site de la  Société française de pharmacologie et de thérapeutique ).

Veklury® est un antiviral administré par perfusion intraveineuse sur une durée de traitement de trois jours. Il dispose d’une AMM européenne et doit être instauré le plus précocement possible après le diagnostic de Covid-19, dans les 7 jours suivant l’apparition des symptômes. Les patients doivent faire l’objet d’une surveillance étroite pendant et après l’administration (risque de réactions liées à la perfusion et/ou d’hypersensibilité). De plus, compte tenu de la toxicité rénale potentielle, la fonction rénale doit être surveillée avant et pendant le traitement.

Quels traitements ne doivent plus être utilisés ?

Trois anticorps monoclonaux ciblant spécifiquement la protéine Spike du SARS-CoV-2 disposent d’une AMM européenne :

  • Evusheld® (tixagévimab/cilgavimab) ;

  • Ronapreve® (casirivimab/imdevimab) ;

  • et Xevudy® (sotrovimab).

Cependant, les variants circulant actuellement en France sont porteurs de mutations au niveau de la protéine Spike qui altèrent de manière significative l’activité de ces traitements. Ainsi, Evusheld® et Ronapreve® ne sont plus recommandés dans le contexte épidémique actuel, ni en traitement curatif, ni en prophylaxie préexposition.

Quant à Xevudy®, il n’est pas indiqué en prophylaxie préexposition et sa place en traitement curatif, dans le contexte actuel, reste à déterminer : une évaluation de son activité antivirale sur les sous-lignages dominants est en cours.

 

Cet article a initialement été publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape

 

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