Étude de cas : symptômes grippaux après l'éjaculation

Dr Thomas Kron

Auteurs et déclarations

12 décembre 2022

Présentation

Un homme de 27 ans consulte parce qu'il présente, systématiquement après l'éjaculation, des symptômes tels que la toux, le rhume et une éruption cutanée sur les avant-bras. Il a également remarqué un gonflement des ganglions lymphatiques au niveau du cou. Le patient estime que ses symptômes ont commencé il y a environ 9 ans, après une épididymite aiguë.

Les symptômes apparaissent que l'éjaculation ait eu lieu par masturbation ou par rapport sexuel. En raison de cela, le jeune homme évite les activités sexuelles ou relations amoureuses. Avant de se présenter, il avait déjà consulté plusieurs médecins, dont un allergologue qui avait diagnostiqué un rhume des foins. Plusieurs échographies du scrotum n'ont cependant rien révélé ; l'analyse du sperme et le taux de testostérone étaient normaux. 

Diagnostic et traitement

Ce cas a été rapporté par le Dr Andrew Shanholtzer et coll. (hôpital William Beaumont, Royal Oak Michigan, É.-U.)[1] qui ont établi le diagnostic de syndrome post-orgasmique (POIS).

Les auteurs rapportent avoir d'abord recommandé un traitement à base de diphénhydramine. Cet antihistaminique n'étant pas efficace, les urologues ont prescrit de la fexofénadine à raison de 180 mg par jour. Cette thérapie a été efficace, et le patient est redevenu sexuellement actif.

Discussion

Le POIS est de plus en plus reconnu comme une cause de dysfonctionnement sexuel chez les hommes ; pourtant, ce trouble est mal connu de la plupart des médecins, selon les auteurs américains.[1] Il en résulte une multiplication des consultations et des examens médicaux. Les hommes atteints présentent des symptômes semblables à ceux d'un rhume, qui apparaissent environ 30 à 60 minutes après l'éjaculation. Certains hommes se sentent par exemple fiévreux, fatigués ou abattus. D'autres ont l'impression que leurs muqueuses nasales gonflent, que leur respiration devient plus difficile ou que leurs yeux les démangent. Les symptômes durent généralement de deux à sept jours.

L'étiologie exacte du POIS n'est pas claire. On pense généralement que les symptômes sont dus à des réactions allergiques de type I et IV au sperme autologue. Bien que les spermatozoïdes soient potentiellement immunogènes en raison de la barrière hémato-testiculaire et des différences génétiques par rapport à leur propre ADN, le POIS peut même affecter les hommes stérilisés ; selon les urologues américains, cela indique que si une réaction immunitaire en est la cause, l'antigène se trouve probablement dans le liquide séminal et non dans le sperme lui-même.

Le POIS est une maladie rarement diagnostiquée et il n'existe pas de traitement validé par de grandes études randomisées et contrôlées. Ce qui existe, ce sont des rapports isolés sur des essais thérapeutiques avec différentes substances actives, dont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les benzodiazépines et également les immunothérapies. En outre, des tentatives de désensibilisation ont été effectuées par injection de liquide séminal autologue dilué. Selon les médecins américains, ce traitement est certes une option attrayante, mais elle est coûteuse et nécessite de fréquentes visites au cabinet médical.

Le cas d’un patient atteint de POIS et avec de faible taux de testostérone aurait été traité avec succès par la gonadotrophine chorionique humaine.[2] 

Dans le cas présent, le traitement le plus efficace a été la prise quotidienne de fexofénadine, qui était mieux tolérée et avait une durée d'action plus longue que la diphénhydramine lorsque prise régulièrement.

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