COVID-19 : l’ex-députée Martine Wonner condamnée à un an d’interdiction d'exercice de la médecine

Jacques Cofard

Auteurs et déclarations

29 novembre 2022

Paris, France – L'ex-députée et psychiatre Martine Wonner a été condamnée à un an d'interdiction d'exercice par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins du Grand Est, pour avoir critiqué la gestion de la crise sanitaire, promu des traitements non validés contre le Covid, et pour avoir témoigné dans le documentaire Hold-Up, considéré comme complotiste. Martine Wonner compte faire appel de cette décision.

Plaintes du collectif Nofakemed

Fondatrice parmi d'autres du Collectif Laissons les prescrire, lequel prônait des traitements alternatifs contre le Covid-19 comme l'ivermectine ou encore l'hydroxychloroquine, la moselloise Martine Wonner a été condamnée ce 25 novembre à une suspension de l'exercice de la profession médicale pour une durée d’un an.

« C'est une décision politique d'une extrême gravité, nous vivons sous un régime d'autocratie. Il y a confusion des pouvoirs en France puisque c'est le ministre de la Santé de l'époque, Olivier Véran, qui m'avait promis de me faire payer mes propos critiques sur la gestion de la crise sanitaire, tenus lorsque j'étais encore députée. Il a eu gain de cause, il y a donc une confusion entre les pouvoirs judiciaire et exécutif », a déclaré Martine Wonner à Medscape.

De fait, l’ex-députée était poursuivie depuis 2021 par le Collectif Nofakemed, un groupement de médecins dont la principale mission, disent-ils, est de lutter « contre les fausses informations en santé », qui s’élevait contre des propos tenus par l’ex-députée lors d'une manifestation “Ensemble pour la liberté”. Ce collectif avait d’ailleurs déjà déposé une plainte en 2020 contre la psychiatre lui reprochant aussi d'avoir fait la promotion de traitements non éprouvés contre le Covid-19 au sein du collectif "Laissons les prescrire".

Prenant acte de la condamnation de Mme Wonner, le Collectif Nofakemed a réagi : « Nous sommes satisfaits de voir que la CDPI condamne les actions de desinformation avec fermeté. Nous sommes atterrés de devoir recourir à l'outil juridique pour qu'enfin ces actions de désinformation soient condamnées. »

Immunité parlementaire ?

Le Conseil national de l'Ordre des médecins, pour sa part, reprochait à Martine Wonner les propos qu'elle a tenus et relayés dans le film Hold-Up en novembre 2020. Elle y affirmait notamment l'innocuité de l'hydroxychloroquine.

Martine Wonner argue de son côté que les propos qu'elle a tenus étaient couverts par son immunité parlementaire, ce d'autant qu'elle n'exerçait plus la fonction de psychiatre entre 2017 et 2022 (voir encadré). Pour autant, l'avocat du Collectif NoFakemed, Jean-François Segard, soutient que l'immunité parlementaire ne s'applique pas aux propos tenus par l'ex-députée en dehors de l'hémicycle, celle-ci usant alors de « sa qualité de médecin pour exprimer ses opinions », notamment lorsqu'elle se rend à des rassemblements dénonçant le port du masque, ou qu'elle soutient que les tests PCR donnaient de faux résultats.

L'ex-députée a confirmé à Medscape qu'elle comptait interjeter appel de cette décision de la chambre disciplinaire de l'Ordre régional du Grand Est.

Avant elle, le sénateur Alain Houpert, par ailleurs radiologue, a été condamné à six mois d'interdiction d'exercice par la chambre disciplinaire de l'ordre des médecins de Bourgogne-Franche-Comté début novembre. Il avait notamment critiqué l'efficacité des tests PCR, et avait « stigmatisé l'inutilité et l'inefficacité des vaccins protégeant de la propagation du Covid ».

 

Parcours politique

Martine Wonner a été élue députée sous les couleurs de La République en marche (LREM) en 2017 avant d’être exclue de ce groupe en avril 2020 pour avoir voté contre le plan de déconfinement du gouvernement Édouard Philippe. En octobre 2020, elle s'oppose au port systématique du masque, tandis qu'en 2021, elle prend fait et cause contre la vaccination obligatoire lors de rassemblements publics, mais aussi contre le pass sanitaire. Elle rejoint un temps le groupe Écologie démocratie solidarité, puis le groupe Libertés et territoires, avant de créer en septembre 2021 son propre parti Ensemble pour les libertés, grâce auquel elle se présente, en compagnie de 28 autres candidats, aux législatives. Elle est néanmoins éliminée au premier tour dans la 4ème circonscription du Bas-Rhin.

 

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