La maladie cardiovasculaire est associée à un risque plus élevé de cancer du poumon

Rédaction Univadis

Auteurs et déclarations

7 novembre 2022

Copenhague, Danemark — Plusieurs études épidémiologiques ont suggéré l’existence d’une association entre la maladie cardiovasculaire (MCV) et le développement d’un cancer du poumon, mais elles présentaient des lacunes méthodologiques.

Une nouvelle étude de cohorte nationale appariée menée au Danemark[1], plus rigoureuse, révèle que la maladie cardiovasculaire est associée à un risque 67 % plus élevé d’apparition d’un cancer du poumon et à un risque 95 % plus élevé de décès dû au cancer du poumon après ajustement pour les facteurs confondants. 

L’étude de cohorte populationnelle prospective a suivi des patients atteints de MCV pendant une durée maximale de 42 ans.

L’augmentation du risque de cancer du poumon était la plus forte en cas de MCV diagnostiquée après 40 ans.

Pourquoi est-ce important ?

Le mécanisme qui sous-tend l’association entre la MCV et le cancer du poumon n’est pas connu, mais il pourrait impliquer l’inflammation chronique induite par la MCV. On sait que l’inflammation chronique favorise avec le temps le développement du cancer.

Les auteurs de cette nouvelle étude encouragent les prestataires de soins en médecine générale à envisager un dépistage du cancer du poumon en cas de MCV nouvellement diagnostiquée à l’âge moyen, qui est l’âge associé au risque le plus élevé de cancer du poumon.

Méthodologie

  • Une étude de cohorte nationale appariée, prospective et populationnelle a été menée à partir de tous les patients atteints d’une MCV nouvellement diagnostiquée (n = 306 285), qui ont été appariés sur la base du sexe et de l’âge à 4 participants témoins sans MCV (n = 1 222 140) au Danemark.

  • Les nouveaux cas de MCV provenaient du registre national danois des patients (1967–2006). Ces personnes étaient considérées comme la cohorte « exposée », tandis que les participants témoins appariés étaient considérés comme la cohorte « non exposée ».

  • Les critères d’évaluation principaux étaient l’incidence du cancer du poumon et la mortalité due à celui-ci, d’après le registre danois du cancer et le registre danois des causes de décès.

  • Les résultats ont été corrigés pour prendre en compte des facteurs de confusion potentiels, notamment l’obésité, le diabète sucré, le tabagisme, les troubles liés à la consommation d’alcool, le statut de cohabitation et le niveau d’éducation.

Principaux résultats

  • La durée de suivi allait jusqu’à 42 ans, avec une durée de suivi médiane de 10,2 ans.

  • Le taux de développement d’un cancer du poumon était de 0,08 % dans la population exposée, contre 0,04 % dans la population non exposée.

  • Après une correction pour prendre en compte des facteurs de confusion, la différence entre les taux se traduisait par un risque de cancer du poumon 67 % plus élevé chez les participants exposés, comparativement aux participants non exposés (rapport de risque corrigé [RRc] : 1,67 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,42–1,96). L’intervalle de confiance représente la plage de valeurs entre lesquelles le RR se situe avec seulement 5 % de chances d’être erroné.

  • Le risque de mortalité était encore plus élevé. Les participants exposés, comparativement aux participants non exposés, présentaient une augmentation de 95 % du risque de mortalité due au cancer du poumon (RRc : 1,95 ; IC à 95 % : 1,50–2,55).

  • L’association entre la MCV et l’incidence du cancer du poumon était manifeste pour trois sous-types majeurs de MCV :

    • Les maladies cardiaques étaient associées à une augmentation de 93 % du risque (RRc : 1,93 ; IC à 95 % : 1,30–2,85).

    • Les maladies vasculaires étaient associées à une augmentation de 88 % du risque (RRc : 1,88 ; IC à 95 % : 1,35–2,61).

    • Les maladies hypertensives étaient associées à une augmentation de 46 % du risque (RRc : 1,46 ; IC à 95 % : 1,15–1,85).

  • L’incidence et la mortalité du cancer du poumon semblaient augmenter parallèlement à l’âge au moment du diagnostic de MCV. La tranche d’âge la plus élevée (plus de 40 ans) présentait le risque le plus élevé d’incidence du cancer du poumon (RRc : 3,44 ; IC à 95 % : 2,28–5,19) et de mortalité due au cancer du poumon (RRc : 3,67 ; IC à 95 % : 1,80–7,46) chez les participants exposés, comparativement aux participants non exposés.

Limites

  • La méthodologie de l’étude était observationnelle.

  • Une confusion résiduelle en raison de facteurs non contrôlés est possible.

  • Financement : Fonds pour la recherche indépendante du Danemark ; Union nordique de lutte contre le cancer (Nordic Cancer Union) ; autres.

 

Cet article a initialement été publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape

Suivez Medscape en français sur Twitter.

Suivez theheart.org | Medscape Cardiologie sur Twitter.

Inscrivez-vous aux newsletters de Medscape :  sélectionnez vos choix

 

LIENS

Cancer du poumon : l’actualité présentée à l’ESMO 2022

Cancer du poumon chez les non-fumeurs : le rôle conjugué de la pollution et des mutations explicité

L’étude XENAIR montre une augmentation du risque de cancer du sein en lien avec 5 polluants de l’air

Tabagisme : l’impact sur la structure du cœur et la fonction cardiaque confirmé

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....