SFSD 2022 – La télésurveillance, au cœur des recommandations en oncologie

aroline Guignot

Auteurs et déclarations

3 novembre 2022

Paris, France — Lors du congrès de la Société Française de Santé Digitale, qui s’est déroulé à Paris le 5 et 6 octobre 2022, une table ronde a évoqué les innovations de e-santé les plus prometteuses. [1] Fabrice Denis (oncologue, Le Mans) a décrit comment la télésurveillance était désormais pleinement reconnue en oncologie. En pratique, les patients de son service traités pour un cancer utilisent un outil via lequel ils remplissent (seuls ou avec un aidant) un questionnaire standardisé sur leurs symptômes. Ces données passent par un filtre algorithmique qui transmet le cas échéant une alerte à l’équipe qui les suit habituellement, selon les données déclarées. « Ce type d’outil permet de gérer la toxicité en identifiant précocement des effets indésirables et donc de réduire le risque d’hospitalisation », a insisté l’oncologue.

Les recommandations internationales intègrent désormais les mesures électroniques de qualité de vie rapportées par les patients (PROMs) comme outil efficace de télésurveillance. Ainsi, celles de l’ESMO, parues au printemps dernier, préconisent que tous les patients aient recours à ces outils (e-PROMS) sur la base de huit études randomisées aujourd’hui disponibles, qui décrivent un bénéfice de ce type d’outils sur la qualité de vie, la réduction des symptômes ou sur le plan de la survie, en comparaison avec les patients qui ne les utilisent pas. Aussi, il semble indispensable de les proposer, même si deux éléments devront être résolus pour les généraliser, a-t-il reconnu : une organisation des services permettant d’intégrer ces nouvelles modalités de suivi et de gestion des alertes et, d’autre part, la question de la prise en charge financière de l’outil.

« Ces outils ne visent pas à prendre le pas sur la prise en charge médicale », a également insisté le spécialiste. En effet, comme l’a montré une étude randomisée, la télésurveillance apporte de meilleurs résultats cliniques lorsque la conduite à tenir face aux alertes est gérée par une équipe médicale par rapport aux cas où elle est indiquée au patient par l’outil numérique lui-même. « On ne peut pas tout déléguer à une machine », a tenu à rassurer Fabrice Denis, rappelant qu’il ne s’agit pas d’intelligence artificielle, mais de « simples » algorithmes de recueil systématisé d’informations qui sont plus exhaustifs et systématiques que ceux effectués par les médecins.

Le spécialiste a enfin évoqué les limites propres au patient lui-même : les questions de fiabilité de l’auto-déclaration tout d’abord, qui s’avèrent finalement ne pas en être, dès lors que les questionnaires utilisés ont été validés. L’adhérence des patients, quant à elle, est généralement bonne, et tourne autour de 80 %, ce qui est globalement satisfaisant. « Le véritable problème de fiabilité pourrait en revanche venir de l’algorithme  », reconnaît Fabrice Denis. « Car si un outil est efficace à un temps T, il peut ne plus être pertinent si le parcours de soins recommandé a été modifié entre temps. » La question de la réévaluation régulière des outils, et leur mise à jour le cas échéant, est cruciale.

 

Cet article a initialement été publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape

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