La bactérie à l’origine de la mélioïdose retrouvée dans le sol américain

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

4 août 2022

Etats-Unis – Les CDC américains ont fait savoir qu’ils avaient identifié pour la première fois dans une zone habitée une bactérie à l’origine d’une maladie rare et sévère, la mélioïdose [1]. Cette bactérie, appelée Burkholderia pseudomallei ou B. pseudomallei, a été retrouvée dans un échantillon du sol et de l’eau de la région du Mississipi. Des recommandations ont été faites à la population et aux cliniciens sachant que c’est une infection sévère, opportuniste, de traitement difficile, à mortalité élevée et pour laquelle il n’existe pas de vaccin [2].

Une douzaine de cas par an aux Etats-Unis

A ce stade, les chercheurs américains disent ne pas savoir pas depuis combien de temps la bactérie se trouve dans cet environnement ni si on peut la retrouver dans d’autres endroits des Etats-Unis. Néanmoins ils considèrent les conditions comme favorables à son développement, et les autorités demandent aux cliniciens d’être alerte face à tous symptômes évocateurs de mélioïdose.

Ce d’autant que deux individus sans lien entre eux mais vivant dans des zones géographiques proches de celle où la bactérie a été retrouvée ont été atteint de mélioïdose à deux années d’intervalle – en 2020 et 2022. Ils ont été hospitalisés pour une septicémie. Tous deux se sont rétablis après avoir reçus des antibiotiques, sachant que le traitement d’attaque de référence est la céftazidine. Ce sont d’ailleurs ces deux cas qui ont conduit à échantillonner les sols à proximité de leurs lieux d’habitation.

La mélioïdose est causée par contact direct avec B. pseudomallei, que l’on retrouve dans les sols et les eaux contaminées. B. pseudomallei est un germe très résistant capable de survivre pendant des années dans le sol lorsque les conditions environnementales sont favorables : température entre 24 et 32 °C, taux d’humidité > 10 %, pH acide (5,0 - 6,0) [2]. Parmi la douzaine de cas diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis, la plupart survenait après des voyages dans des pays où la bactérie est endémique. La maladie se caractérise par de nombreux symptômes non spécifiques comme la fièvre, la douleur aux articulations, des maux de tête et peut entrainer diverses pathologies comme des pneumonies, formation d’abcès ou infections sanguins. Dans le monde, le taux de décès se situe entre 10 et 50 % chez les personnes infectées par B. pseudomallei – que l’on retrouve historiquement dans les zones tropicales et subtropicales comme l’Asie, l’Asie du Sud Est, le nord de l’Australie, certaines zones d’Amérique centrale et du sud ou Porto Rico.

 

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