Hyperkaliémie chronique persistante : consensus d’experts français

Caroline Guignot

4 août 2022

FranceDes néphrologues français ont établi un consensus pour définir et encadrer la prise en charge de l’hyperkaliémie chronique persistante [1]

Contexte et objectif

Les patients insuffisants rénaux chroniques (IRC) ont un risque d’épisodes persistants d’hyperkaliémie mais aucun consensus de prise en charge n’existe en France. Le risque est accru lorsque les patients ont des comorbidités telles qu’un diabète, une insuffisance cardiaque ou lorsqu’ils sont traités par inhibiteurs du système rénine angiotensine aldostérone (iSRAA). Le besoin médical associé est également mal couvert.

Méthodologie

Un comité de pilotage a dressé une liste de propositions qui ont été soumises à la communauté des néphrologues français selon la méthodologie DELPHI. L’objectif était d’établir les principes en termes de prévention, diagnostic et traitement de l’hyperkaliémie chronique persistante chez les patients IRC dialysés ou non, ou présentant une IRC associée à un diabète, une insuffisance cardiaque ou une hypertension artérielle résistante.

Principales recommandations

L’hyperkaliémie chronique persistante peut être définie « par la récurrence d’un épisode d’hyperkaliémie deux fois ou plus au cours d’une année malgré le recours dans la même année aux résines chélatrices ou aux diurétiques de l’anse disponibles. » 

Les néphrologues reconnaissent l’utilité des résines chélatrices pour éviter la récidive d’hyperkaliémie. Cependant, ils reconnaissent aussi que le recours à ces molécules ne permet pas de la contrôler chez tous les patients tout en maintenant les iSRAA à posologie optimale. Ils reconnaissent aussi les limites associées à leur observance et leur tolérance. Parallèlement, la place des diurétiques de l’anse n’a pas fait l’objet d’un consensus, « avec 55 à 70% de désaccords affichés avec cette option dont l’usage est pourtant largement rapporté par les néphrologues, les cardiologues et les médecins généralistes français dans d’autres études ».

En termes de population à risque d’hyperkaliémie persistante, les néphrologues reconnaissent plusieurs profils spécifiques : les diabétiques traités par iSRAA, les insuffisants cardiaques traités par iSRAA, les insuffisants rénaux (stade 3B à 5) traités par iSRAA.

Comme les sociétés savantes européennes, les experts français reconnaissent que les résines échangeuses d’ions ne devraient pas être utilisées de manière chronique en raison des risques de complications gastro-intestinales. L’attente vis-à-vis de nouveaux chélateurs est forte et certains sont actuellement en cours d’évaluation (patiromer, cyclosilicate de zirconium sodique). Ils devraient faire évoluer la prise en charge et améliorer le pronostic des patients atteints d’hyperkaliémie, persistante ou non.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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