Cancer du sein triple négatif avancé : l’EMA autorise le sacituzumab govitécan

Rédaction Univadis

Auteurs et déclarations

27 juillet 2022

Amsterdam, Pays-Bas — L’Agence européenne des médicaments (European Medicines Agency, EMA) a autorisé la commercialisation du sacituzumab govitécan (de dénomination commerciale Trodelvy® (Gilead)) [1] pour le traitement du cancer du sein triple négatif (CSTN) non résécable ou métastatique, après au moins deux traitements systémiques antérieurs, dont un pour la maladie avancée.

Pourquoi est-ce important ?

  • Le CSTN avancé est associé à un pronostic défavorable.

  • Le sacituzumab govitécan est le premier conjugué anticorps monoclonal-médicament dirigé contre Trop-2 à être utilisé dans le cadre du cancer du sein.

  • Trop-2 est une protéine surexprimée sur les cellules de cancer du sein.

Posologie

  • La dose recommandée de sacituzumab govitécan est de 10mg/kg de poids corporel, administrés en perfusion intraveineuse 1 fois par semaine aux jours 1 et 8 d’un cycle de traitement de 21 jours. Le sacituzumab govitécan doit être poursuivi jusqu’à la survenue d’une progression de la maladie ou d’une toxicité inacceptable.

Mécanisme

  • Le résumé des caractéristiques du produit indique que le sacituzumab govitécan est un conjugué anticorps-médicament dirigé contre Trop-2. Le sacituzumab est un anticorps monoclonal humanisé qui reconnaît Trop-2. La petite molécule, SN-38, est un inhibiteur de la topo-isomérase I, qui est lié par covalence à l’anticorps par un agent de liaison hydrolysable. Environ 7-8 molécules de SN-38 sont liées à chaque molécule d’anticorps.

  • L’action de SN-38 est d’inhiber la topo-isomérase I, qui est impliquée dans la copie de l’ADN, empêchant ainsi les cellules de cancer du sein de proliférer.

Efficacité

  • L’efficacité du médicament a été établie dans le cadre d’un essai clinique international randomisé de phase III, mené en ouvert, appelé ASCENT. Cet essai a inclus 529 patientes atteintes d’un CSTN localement avancé ou métastatique non résécable qui avaient rechuté après au moins 2 chimiothérapies antérieures.

  • Le sacituzumab govitécan a été comparé au traitement à la discrétion du médecin (TDM), le plus souvent l’éribuline (n = 139) ou la gemcitabine (n = 38).

  • Les patientes recevant du sacituzumab govitécan, comparativement à celles traitées par TDM, ont obtenu une survie sans progression (SSP) médiane de 4,8 mois contre 1,7 mois, respectivement, et une survie globale (SG) médiane de 11,8 mois contre 6,9 mois, respectivement.

  • Le taux de réponse globale était de 31 % avec le sacituzumab govitécan, contre 4 % avec le TDM, et la durée médiane de la réponse était de 6,3 mois avec le sacituzumab govitécan, contre 3,6 mois avec le TDM.

Sécurité d’emploi

    • Les événements indésirables de tout grade les plus fréquents avec le sacituzumab govitécan étaient la diarrhée (64,5 %), les nausées (64,2 %), la neutropénie (64,2 %), la fatigue (52,5 %), l’alopécie (44,3 %), l’anémie (43,2 %), les vomissements (38,0 %), la constipation (36,3 %), la diminution de l’appétit (28,1 %), la toux (22,7 %) et les douleurs abdominales (20,8 %).

    • Les événements indésirables graves les plus fréquents étaient la neutropénie fébrile (4,5 %) et la diarrhée (3,6 %).

    A noter qu’en France, l’anticorps conjugué Trodelvy® (Gilead) est disponible en accès précoce pour toutes les patientes atteintes d'un TNBC métastatique en échec thérapeutique depuis le 1er novembre 2021.

     

    Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

     

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