Le suivi des traitements de l’hépatite C chronique peut être considérablement allégé

Caroline Guignot

Auteurs et déclarations

31 mai 2022

Baltimore, Etats-Unis L’étude de phase 4 ouverte MINMON (Minimal Monitoring) montre qu’une population atteinte par une hépatite C chronique peut bénéficier d’un traitement par antiviral d’action directe (AAD) avec des chances de succès thérapeutique élevées, y compris pour les sujets atteints d'une cirrhose compensée, co-infectés par le VIH ou infectés par les génotypes dont le pronostic est le plus péjoratif.

Ceci suggère qu’il serait possible d’alléger les protocoles encadrant la prescription de ce traitement, y compris chez les personnes les plus éloignées du soins ou vivant dans un pays aux ressources limitées.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis l’arrivée des AAD, l’éradication du VHC constitue un objectif potentiellement atteignable au niveau international. Cependant, le développement de ces nouveaux traitements puis leur mise en œuvre se sont appuyés sur un suivi médical particulièrement étroit. Ce qui, en vie réelle, peut conduire à des difficultés pour traiter toutes les populations infectées, notamment celles éloignées du soin, qui ont peu vocation à suivre un protocole régulier de bilan et de suivi, ou celles vivant dans des pays de faibles ou de moyens revenus, dans lesquels un tel protocole est complexe à assurer. Aussi, il est intéressant d’évaluer s’il est possible d’atteindre des taux de guérison élevés tout en réduisant l’ampleur du suivi à travers des études proches des conditions de vie réelles.

Méthodologie

MINMON (ACTG5360) est une étude de phase 4 ouverte multicentrique conduite dans 5 pays ayant des niveaux de revenu différents (États-Unis, Brésil, Afrique du Sud, Thaïlande, Ouganda).

Des patients de 18 ans et plus présentant une infection VHC chronique et n’ayant jamais été traités jusqu’à présent ont été inclus, après avoir bénéficié d’une évaluation de la fibrose hépatique par score accessible en routine (score FIB-4 fondé sur l’âge, le taux d’ASAT d’ALAT et le nombre de plaquettes). Seuls ceux ayant une cirrhose décompensée ont été écartés.

Tous les participants ont été traités par sofosbuvir 400 mg-velpatasvir 100 mg 1 fois par jour durant 12 semaines. Aucun génotypage n’a été réalisé, le traitement a été délivré en une seule fois pour toute la durée du protocole et aucun examen clinique ou biologique n’était planifié. En revanche, tous étaient relancés à 2 reprises au cours du protocole (à S4 et S22) par le moyen de leur choix, avec une évaluation finale à 24 semaines.

Principaux résultats

Un total de 399 patients a été recruté et ont initié le traitement (âge médian 47 ans, 35% de femmes, 41% avec troubles de consommation d’alcool et 9% avec une cirrhose compensée). Par ailleurs, ils étaient 32% à être co-infectés par le VHB et 42% par le VIH.

La grande majorité (89%) a déclaré avoir respecté la posologie et la durée de traitement prescrit.

Lors de la visite à 24 semaines, une réponse virologique soutenue (RVS) était notifiée pour 95% de la cohorte [92,4-96,7], les chiffres variant entre 92,4% aux États-Unis à 100% en Ouganda et Afrique du Sud. Ce chiffre était de 94,6% parmi les co-infectés par le VIH, et était de 100% pour tous les génotypes du VHC, hormis pour le génotype 3 (91,3%). 

Les événements indésirables graves étaient relativement peu nombreux (4%) mais aucun n’a été considéré comme étant lié au traitement ni n’a conduit à l'arrêt du traitement ou au décès du patient.

Enfin, des consultations non planifiées ont été sollicitées pour 4% de la cohorte, aucune n'étant motivée par le traitement.

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Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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