Dermatite atopique : l’utilité des autoscores

Marine Cygler

Auteurs et déclarations

3 mai 2022

Paris, France – A l'occasion du 17ème Congrès Francophone d'allergologie (CFA) qui s'est déroulé du 19 au 22 avril 2022 au Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris, une session a été consacrée à la dermatite atopique (DA) au cours de laquelle le Dr Sébastien Barbarot (dermatologue, CHU de Nantes), président de la Société Française de Dermatologie Pédiatrique, est revenu sur l’intérêt des scores pour évaluer la sévérité de la DA et l'efficacité des médicaments, et notamment sur l’apport des autoscores.

 
Avec les scores, l'idée est d'introduire de l'objectivité dans la méthode d'évaluation  Dr Sébastien Barbarot
 

« Avec les scores, l'idée est d'introduire de l'objectivité dans la méthode d'évaluation », explique le Dr Sébastien Barbarot. On compte trois familles de score pour la DA :

  • les scores dits objectifs : il n'y a pas d'intervention du patient.  Il y a des scores généraux comme l'IGA, et des scores plus analytiques où sont évaluées individuellement toutes les manifestations cliniques de la DA (érythème, lichénification, rougeur, épaississement de la peau), comme le score EASI.

  • les scores patients : il n'y a pas d'intervention du médecin. Ces PRO (patient related outcomes) se développent depuis une dizaine d'années dans les maladies chroniques y compris dans la DA. Dans certains essais cliniques les PRO sont des critères de jugement principaux pour évaluer l'effet des médicaments. Parmi ces PRO, on trouve le PGA, l'EVA (échelle visuelle analogique pour évaluer le prurit entre 0 et 10), le PO-SCORAD, le POEM ou l'ADCT.

  • les scores composites : ils comportent une partie objective et une partie subjective. Il s'agit par exemple du SCORAD.

Tout d'abord, un score permet dans la pratique quotidienne de partager un objectif thérapeutique avec un patient. « Vous évaluez votre patient avec un score de 50. L'objectif partagé c'est de le réduire à 25 en quinze jours avec le nouveau traitement. Vous revoyez le patient, le score est à 25. L'objectif par la suite va être de réduire encore l'évaluation à 10 et de maintenir ce résultat pendant trois mois », explique le Dr Barbarot. Mais parfois, il est important d'avoir recours à un score évalué par le patient quand il y a une divergence entre le score objectif (un score EASI bas) et ce que dit le patient de sa maladie.

 
Parfois, il est important d'avoir recours à un score évalué par le patient quand il y a une divergence entre le score objectif et ce que dit le patient de sa maladie  Dr Sébastien Barbarot
 

Les autoscores ont été développés plus récemment, au cours des dix dernières années. Parmi eux, on trouve :

  • le PO-SCORAD, très facilement disponible en ligne, que les patients peuvent télécharger. Il permet une autoévaluation. Le patient évalue la surface cutanée, l'intensité des signes, de son prurit et va obtenir un score. Il y a un ensemble de photographies grâce auxquelles le patient peut s'évaluer lui-même. Le PO-SCORAD et le SCORAD sont très bien corrélés.  La plupart des applications permet d'envoyer au médecin le score par mail, ou de le garder sur son application afin de montrer au médecin l'évolution du score dans le temps à l'occasion d'une consultation.

  • le POEM ( Patient Oriented Eczema Measure), développé à partir de questions posées à des patients. C'est un autoscore qui permet d'évaluer la sévérité de la maladie sur une fenêtre de sept jours. Il est très bien corrélé avec la qualité de vie.

  • le score ADCT (Atopic Dermatitis Control Tool). « C'est le dernier né que je vous encourage à utiliser », commente Sébastien Barbarot « Il permet en deux minutes à votre patient d'évaluer la sévérité et l'impact de la maladie et le contrôle de la maladie sur les sept derniers jours. Ce qui est intéressant dans ce score, c'est qu'il existe trois balises qui permettent d'évaluer le mauvais contrôle de la maladie et pour le médecin de réévaluer le traitement de fond. Cela évite de se rendre compte qu’un patient est mal contrôlé depuis des mois », explique-t-il. Une de ces balises, c'est le score limite de 7 au-delà duquel le patient peut considérer que sa maladie est mal contrôlée. « Vous pouvez dire à votre patient qu'au-delà de 7 il faut qu'il prenne rendez-vous ».

Les autoscores permettent aux patients/parents d’être plus autonomes dans la prise en charge de la pathologie. Ils sont un des points clés de l’éducation thérapeutique des patients/parents.

 

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