Manger de l’avocat serait bon pour le cœur

Fran Lowry

Auteurs et déclarations

26 avril 2022

Boston, Etats-Unis – Une étude prospective qui a suivi plus de 110 000 hommes et femmes pendant plus de 30 ans suggère que manger deux portions d'avocat par semaine réduit le risque de développer une maladie cardiovasculaire (MCV)[1].

Les chercheurs ont également découvert que le remplacement d'une demi-portion de beurre, de fromage, de bacon ou d'un autre produit animal par une quantité équivalente d'avocat était associé à un risque jusqu'à 22 % inférieur d'événements cardiovasculaires.

Pre Lorena S. Pacheco

Ces résultats confirment ceux d'autres études qui ont montré que les avocats – qui contiennent plusieurs nutriments, des fibres et des « bonnes » graisses insaturées – ont un impact positif sur les facteurs de risque cardiovasculaire, indique le premier auteur, la Pre Lorena S. Pacheco (Harvard T.H. Chan School of Public Health, Boston) pour theheart.org | Medscape Cardiologie.

« Cette recherche vient compléter et élargit la littérature que nous avons sur les graisses insaturées et la réduction du risque de maladie cardiovasculaire, et souligne également à quel point les graisses saturées, comme le beurre, le fromage et les viandes transformées, sont nocives pour le cœur », souligne la chercheuse.

« Pour l'essentiel, nous savons que les avocats sont sains, mais je pense que cette étude, en raison de sa taille et de sa durée, apporte un plus par rapport à nos connaissances ».

Les résultats ont été publiés en ligne le 30 mars dans le Journal of the American Heart Association.

Les avocats sont riches en nutriments, en graisses, mais en graisses monoinsaturées (MUFA) et en graisses polyinsaturées (PUFA), qui sont considérées comme bonnes.

Un avocat Haas de taille moyenne (136 g), qui est l'avocat le plus consommé aux États-Unis, contient environ 13 g d'acide oléique. Les avocats contiennent également des fibres alimentaires, du potassium, du magnésium, des phytonutriments et des composés bioactifs.

Plus de 110 000 femmes et hommes suivis

Pour analyser l'effet que les avocats peuvent avoir sur la santé cardiovasculaire, Lorena Pacheco et son équipe se sont tournées vers deux grandes études de cohorte de longue durée : l'étude sur la santé des infirmières (NHS), qui a commencé au début des années 1970 avec 68 786 femmes âgées de 30 à 55 ans et l'étude de suivi des professionnels de santé (HPFS), qui s'est déroulée de 1986 à 2016 et a suivi 41 701 hommes âgés de 40 à 75 ans.

A l'entrée dans l'étude, les participants n’avaient pas de cancer, de maladie coronarienne et d'accident vasculaire cérébral.

Les participants ont rempli un questionnaire alimentaire validé, à l’entrée dans l’étude puis tous les 4 ans par la suite. Le questionnaire interrogeait sur la quantité et la fréquence de la consommation d'avocat. Une portion étant équivalente à un demi-avocat ou à une demi-tasse.

Au début de l’étude NHS, très peu de participants ont déclaré manger des avocats, mais la donne a changé au fil des ans, à mesure que la popularité des avocats augmentait.

« La cohorte du NHS a été recrutée à la fin des années 70 et la cohorte des professionnels de santé n'a commencé qu'au milieu des années 80, lorsque la consommation d'avocats était très faible », a précisé la Pre Pacheco.

Un risque cardiaque abaissé de 20 % avec 2 portions d’avocat

Au total, les chercheurs ont comptabilisé 9185 nouvelles maladies coronariennes et 5290 accidents vasculaires cérébraux documentés sur 30 ans de suivi.

Après ajustement en fonction du mode de vie et d'autres facteurs alimentaires, ceux qui consommaient plus d'avocats – au moins deux portions par semaine – avaient un risque 16 % plus faible de MCV (risque relatif [RR], 0,84 ; IC à 95 %, 0,75 - 0,95) et un risque de maladie coronarienne réduit de 21 % (RR combiné, 0,79 ; IC à 95 %, 0,68 - 0,91).

Aucune association significative n'a été observée pour les accidents vasculaires cérébraux, mais le nombre d’AVC était faible, a expliqué la Pre Pacheco.

Un modèle statistique a aussi permis d’observer que le remplacement d'une demi-portion quotidienne de margarine, de beurre, d'œuf, de yaourt, de fromage ou de viandes transformées, comme le bacon, par la même quantité d'avocat était associé à une réduction de 16 % à 22 % du risque d'événements cardiovasculaires.

Un fruit apprécié

« Je tiens à souligner que l'étude est une étude observationnelle et qu’elle ne peut pas prouver de lien de causalité », a déclaré Lorena Pacheco.

« Ce n'est pas un essai clinique – c’est une étude observationnelle – mais nous avons observé des tendances : la consommation d'avocat et le remplacement de mauvaises graisses par de l'avocat ont réduit le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire ou d’une maladie coronarienne », a-t-elle déclaré.

Les résultats sont significatifs « parce qu'un régime alimentaire sain est la pierre angulaire de la santé cardiovasculaire; cependant, il peut être difficile pour de nombreux Américains d'atteindre et d'adhérer à des habitudes alimentaires saines », Cheryl Anderson, PhD, professeure et doyenne de la Herbert Wertheim School de santé publique et de science de la longévité humaine (Université de Californie à San Diego), qui est présidente du Conseil de l'AHA sur l'épidémiologie et la prévention, a déclaré dans un communiqué.

« Nous avons désespérément besoin de stratégies pour que la population adhère à des régimes sains, recommandés par l'AHA, tels que le régime méditerranéen, riche en légumes et en fruits. Bien qu'aucun aliment ne soit la solution, cette étude est la preuve que les avocats sont potentiellement bénéfiques pour la santé. C'est prometteur parce que c'est un aliment populaire, accessible, apprécié et facile à inclure dans les repas consommés par de nombreux américains à la maison et au restaurant », a souligné dans un communiqué la Pre Cheryl Anderson (Université de Californie, San Diego), présidente du Conseil de l'AHA sur l'épidémiologie et la prévention.

Reste que si l’avocat est bon pour le cœur, il l’est moins pour l’environnement en raison du bilan carbone associé à son exportation, des importantes quantités d’eau nécessaires à sa production (100 litres pour 1 kilo) et de la déforestation liée à sa culture, particulièrement rentable. Il n’y a jamais de solution miracle…

Les Drs Pacheco et Anderson n’ont pas de liens d’intérêt en rapport avec le sujet.

 

 Cet article a été publié initialement sur Medscape.com sous l’intitulé Eating Avocado Linked to Lower Cardiovascular Risk. Traduit et adapté par Aude Lecrubier.

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....