Dans l’Actu : focus sur l’insuffisance cardiaque

Ryan Syrek

Auteurs et déclarations

15 avril 2022

 

De nouvelles études sur l'insuffisance cardiaque (IC) ont été récemment présentées lors du congrès de l’ American College of Cardiology (ACC) 2022 . Trois sociétés nord-américaines ― l'ACC, l'American Heart Association (AHA) et la Heart Failure Society of America (HFSA) ― ont également émis de nouvelles recommandations, incorporant notamment une nouvelle catégorisation des stades de sévérité de l'IC pour faciliter la prise en charge par les médecins généralistes.

Des recommandations plus faciles à interpréter

Les nouvelles recommandations sur l'IC ont été publiées dans le JAAC .[1]

« Nous espérons que ces nouvelles catégorisations seront plus faciles à utiliser pour les médecins de première ligne et les non-spécialistes, mais aussi plus faciles à comprendre pour les patients », a déclaré le Dr Biykem Bozkurt (Baylor College of Medicine, Houston, TX, É-U.) à Medscape (voir infographie)Le document comprend également des recommandations concernant les comorbidités, y compris la fibrillation atriale, la carence en fer, l'apnée du sommeil, la maladie coronarienne et la cardiopathie valvulaire, ainsi qu'une mise à jour des directives sur la cardiomyopathie et l'IC liées à la grossesse et à la chimiothérapie anticancéreuse.

Étude SODIUM-HF : pas de bénéfice du régime pauvre en sel

Toujours à l'ACC 2022, les résultats d'une étude publiée simultanément dans The Lancet ont montré qu'un régime pauvre en sodium n'était pas associé à une réduction des événements cliniques futurs chez les patients ambulatoires atteints d'IC. [2] Les résultats de l'essai SODIUM-HF ont montré un bénéfice modéré sur la qualité de vie et la classe fonctionnelle de la New York Heart Association (NYHA). Cependant, la réduction de l'apport alimentaire en sodium à moins de 1500 mg par jour n'était pas plus efficace que les traitements habituels pour réduire le critère principal (risque d'hospitalisation ou de visites aux urgences pour cause cardiovasculaire, ou décès toutes causes confondues) à 12 mois.

SODIUM-HF a inclus 809 patients (âge médian, 67 ans) atteints d'IC chronique (classe fonctionnelle NYHA II-III) de six pays (Australie, Canada, Chili, Colombie, Mexique et Nouvelle-Zélande). Ils ont été randomisés à une prise en charge standard ou à suivre un régime hyposodé inférieur à 100 mmol (<1500 mg/j). À 12 mois, des événements constituant le critère de jugement principal étaient survenus chez 15 % des patients du groupe suivant le régime hyposodé et 17 % de ceux du groupe contrôle (risque relatif [HR], 0,89 [IC à 95 %, 0,63-1,26] ; P = 0,53). Le décès (toutes causes confondues) est survenu chez 6 % des patients du groupe « sans sel » et 4 % dans le groupe traitement standard (HR, 1,38 ; P = 0,32). Une hospitalisation liée aux maladies cardiovasculaires est survenue chez 10 % du groupe du régime sans sel contre 12 % des autres patients (HR, 0,82 ; P = 0,36), et des visites aux urgences pour cause cardiovasculaire ont été répertoriées chez 4 % des individus dans les deux groupes (HR, 1,21 ; P = 0,60).

IC et spiritualité

Juste avant l’ACC 2022, une revue a été publiée dans le numéro d'avril du JACC Heart Failure  : les résultats indiquent que la spiritualité pourrait avoir un impact positif sur la qualité de vie chez les patients souffrant d’IC et qu’elle serait associée à un risque de mortalité plus faible et à de meilleurs pronostics. [3] Prcécédement, une autre étude avait montré que la spiritualité était associée à une réduction de 20% de la mortalité dans une cohorte de patients atteints d'IC. Une étude de cohorte rétrospective distincte a montré que la foi était associée à une réduction significative de la mortalité à 30, 90 et 180 jours. Plusieurs études ont également montré des associations entre l'adhésion aux médicaments et la spiritualité.

IC et exercices HIIT

En termes de réduction du risque d'IC, une étude récente a montré qu'une année d'entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT) semblait bénéficier aux adultes obèses d'âge moyen à haut risque d'IC ; à noter que dans la même étude prospective monocentrique, la supplémentation en acides gras oméga-3 n'a eu aucun effet sur les biomarqueurs cardiaques. []Les auteurs ont indiqué qu' « [une] année d'entraînement HIIT avait réduit l'adiposité mais n'avait eu aucun effet constant sur la teneur en triglycérides myocardiques ou sur l'adiposité viscérale », alors que le HIIT de longue durée améliore la condition physique et induit un remodelage cardiaque favorable. La supplémentation en oméga-3 n'avait « pas eu d'effet indépendant ou additif ».

 

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