L’empagliflozine améliore la qualité de vie des patients hospitalisés pour une insuffisance cardiaque aiguë

Rédaction Univadis

14 avril 2022

Washington DC, Etats-Unis— Une sous-analyse de l’étude EMPULSE présentée lors de l’ACC 2022 montre que l’ISGLT2 Empagliflozine, initiée lors d’une IC aiguë permet d’abaisser rapidement et de façon significative les symptômes et d’améliorer les capacités à l’effort, la qualité de vie des patients[1,2].

L’empagliflozine a amélioré les symptômes, les limitations physiques (LP) et la qualité de vie (QdV) chez les patients hospitalisés pour une insuffisance cardiaque (IC) aiguë, avec des bénéfices persistant jusqu’à 90 jours.

En outre, les bénéfices de l’empagliflozine n’ont pas été influencés par le degré d’altération symptomatique à l’inclusion.

Pourquoi est-ce important ?

L’étude EMPULSE avait déjà montré le bénéfice des gliflozines en cas d’hospitalisation pour une IC aiguë sur un critère composite comprenant notamment les décès, un événement d’IC et la réhospitalisation pour IC à 90 jours mais les données sur l’amélioration des symptômes et de la qualité de vie après un épisode d’IC aiguë restaient limitées.

L’IC aiguë se caractérise par des symptômes et des limitations physiques associés à un fardeau élevé, ainsi que par une mauvaise QdV.

Méthodologie

  • Les données proviennent d’analyses post hoc et préspécifiées de l’essai EMPULSE.

  • 530 patients hospitalisés pour une IC aiguë ont été affectés de manière aléatoire (1:1) pour recevoir de l’empagliflozine à raison de 10 mg par jour ou un placebo, pendant 90 jours.

  • Les participants ont rempli le questionnaire sur la cardiomyopathie de Kansas City (Kansas City Cardiomyopathy Questionnaire, KCCQ) à l’inclusion, et à 15, 30 et 90 jours.

  • Le critère d’évaluation principal était un critère composite comprenant la mortalité toutes causes confondues, les événements d’IC et la variation d’au moins 5 points du score total des symptômes (Total Symptom Score, TSS) du KCCQ entre l’inclusion et 90 jours.

  • Les patients ont été inclus quel que soit le statut diabétique ou la FEVG.

Principaux résultats

  • Après un score KCCQ-TSS moyen de 40,8 points (écart-type : 24,0) à l’inclusion, une amélioration significative a été observée à 90 jours (variation moyenne : +36,2 dans le groupe empagliflozine ; +31,7 dans le groupe placebo).

  • Le groupe empagliflozine a été associé à un bénéfice clinique plus important dans l’ensemble de la fourchette de scores KCCQ-TSS (ratios de gain du tertile inférieur au tertile supérieur : 1,49, 1,37 et 1,48, respectivement ; Pinteraction = 0,94).

  • Les effets favorables de l’empagliflozine sur l’état de santé étaient évidents dès 15 jours de traitement.

  • Dans des analyses supplémentaires, le groupe empagliflozine, comparativement à celui du placebo, a démontré une plus grande amélioration à 90 jours concernant :

    • le score KCCQ-TSS (taille d’effet : 4,45 ; P = 0,03) ;

    • les LP (taille d’effet : 4,80 ; P = 0,05) ;

    • la QdV (taille d’effet : 4,66 ; P = 0,04) ;

    • les scores sommaires cliniques (taille d’effet : 4,85 ; P = 0,02) ;

    • les scores sommaires globaux (taille d’effet : 4,40 ; P = 0,03).

Limites

  • Faible puissance statistique

  • Il manquait des évaluations de l’état de santé de certains patients pendant le suivi.

Dans une synthèse des principaux essais présentée le troisième jour de l’ACC 2022, le Dr Deepak L. Bhatt (Boston, Etats-Unis) a commenté : « C’est un essai formidable. Je pense qu’il vient corroborer l’écrasant ensemble de données appuyant l’utilisation des inhibiteurs du SGLT2. Il vaut mieux, je crois pouvoir le dire avec certitude, les commencer tôt plutôt que trop tard chez les patients atteints d’une insuffisance cardiaque. Je pense que nous allons bientôt être témoins d’une véritable explosion de l’utilisation de cette classe de médicaments non seulement par les cardiologues, mais aussi par les endocrinologues, les néphrologues et les médecins généralistes. »

 
Je pense que nous allons bientôt être témoins d’une véritable explosion de l’utilisation de cette classe de médicaments non seulement par les cardiologues, mais aussi par les endocrinologues, les néphrologues et les médecins généralistes. Dr Deepak L. Bhatt
 

Financement : Alliance contre le diabète de Boehringer Ingelheim et Eli Lilly and Company (Boehringer Ingelheim and Eli Lilly and Company Diabetes Alliance).

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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