Cumuler les troubles du sommeil peut accroître le risque CV de plus de 140 %

Reuters Health

Auteurs et déclarations

15 mars 2022

Tampa, Etats-Unis—Cumuler les troubles du sommeil accroit les risques cardiovasculaires jusqu'à 141% selon une analyse rétrospective[1].

« Nous savons, grâce à des recherches antérieures, qu'une courte durée de sommeil augmente le risque de maladie cardiovasculaire, de démence et de mortalité précoce, » a commenté pour Reuters Health par e-mail, le Dr. Soomi Lee de l'Université de Floride du Sud à Tampa.

« La santé du sommeil peut être définie par la régularité, la satisfaction, la vigilance pendant les heures d'éveil, un rythme de sommeil adapté à l'âge, une efficacité élevée pendant le sommeil et une durée de sommeil suffisante, » a-t-elle précisé. « Les recherches précédentes se concentraient sur la durée du sommeil uniquement, ce qui aurait pu sous-estimer l'impact du sommeil sur les risques pour la santé. Une personne ayant une durée de sommeil suffisante peut toujours avoir une mauvaise santé, si elle a des problèmes dans d'autres dimensions de son sommeil. »

« Étonnamment », a-t-elle ajouté, « dans notre étude, la durée du sommeil - la variable de sommeil la plus largement étudiée - n'était pas significativement associée aux maladies cardiaques, que ce soit sur la base de l'auto-déclaration ou de l'actigraphie. Cela est surprenant étant donné les associations rapportées entre de courtes ou une longue durée de sommeil et de multiples effets sur la santé. »

Des données sur près de 7000 patients

Le Dr. Lee et ses collègues ont examiné les données sur le sommeil de 6820 adultes (âge moyen, 53,4 ans ; 56 % de femmes) de l'étude Midlife aux États-Unis. Les participants décrits les caractéristiques de leur sommeil par des auto-questionnaires ainsi que leurs antécédents de maladie cardiaque ; un petit échantillon (663) a également fourni des données d'actigraphie.

En utilisant une approche de somme pondérée, où des scores plus élevés indiquaient plus de troubles du sommeil, et après ajustement sur les facteurs sociodémographiques et les facteurs de risque connus, avoir plus de troubles du sommeil était associé à un risque plus élevé de maladie cardiaque en utilisant le critère du sommeil autodéclaré (risque relatif ajusté [RRa], +54 %) et le critère actigraphie/auto-déclaration (RRa, +141 %).

Plus précisément, les dimensions individuelles du sommeil que sont la satisfaction, la vigilance et l'efficacité (auto-évaluation) et la régularité, la satisfaction et le moment (d'après le critère actigraphie/auto-évaluation) étaient associées au risque de maladie cardiaque.

Des différences concernant la santé du sommeil et les maladies cardiaques ont été observées selon le sexe et la race. Comparativement aux hommes, les femmes avaient légèrement plus de troubles du sommeil selon l'auto-déclaration, mais aucune différence entre les sexes n'était détectée sur le critère actigraphie/santé du sommeil auto-déclarée. Bien que les hommes soient plus susceptibles que les femmes d'avoir une maladie cardiaque, le sexe ne pondérait pas l'association entre la santé du sommeil et le risque de maladie cardiaque.

De plus, les noirs avaient le plus grand nombre de troubles du sommeil alors que les blancs non hispaniques en avait le moins.

Le Dr. Lee conclut : « En clinique, il peut être important de poser des questions sur le sommeil à un patient pour identifier ceux qui présentent un risque pour la santé plus élevé. Comme le sommeil est modifiable, avoir une conversation sur le sommeil pourrait être considéré comme une stratégie de soins préventifs de routine. »

 
Comme le sommeil est modifiable, avoir une conversation sur le sommeil pourrait être considéré comme une stratégie de soins préventifs de routine. Dr. Soomi Lee
 

Le Dr. Alex Dimitriu, fondateur de Menlo Park Psychiatry and Sleep Medicine Sleep en Californie, a commenté dans un e-mail à Reuters Health : « Je crois que le sommeil devrait être considéré comme un signe vital, avec la fréquence cardiaque, la respiration et la tension artérielle. Je vois souvent le sommeil comme la partie émergée de l'iceberg - et si quelque chose ne va pas avec le sommeil, c'est rarement un phénomène isolé. »

« La découverte de troubles du sommeil et de maladies cardiaques comorbides, heureusement, n'est pas une association forte dans ma pratique, » a-t-il déclaré. « Néanmoins, je vois des associations entre les troubles du sommeil et les arythmies, ainsi que l'hypertension et le syndrome métabolique. Nous constatons également un chevauchement énorme entre les problèmes de sommeil et les problèmes de santé mentale tels que l'anxiété, la dépression, la toxicomanie, le TDAH et les problèmes de mémoire. »

 

Cet article a été initialement publié sur MediQuality.net , membre du réseau Medscape.

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