Cohorte nancéenne STANISLAS : le syndrome métabolique favoriserait l’évolution vers l’insuffisance cardiaque

Caroline Guignot

14 mars 2022

France – Le suivi des sujets sains de la cohorte nancéenne STANISLAS montre que les patients présentant un syndrome métabolique à l’inclusion et ceux qui en développent un au cours de 17 ans de suivi ont un sur-risque d’insuffisance cardiaque préclinique notamment lorsqu’ils ont un phénotype obèse ou hypertendu. La prévention primaire de l’insuffisance cardiaque préclinique peut être renforcée par une prise en charge adaptée et efficace du syndrome métabolique. Les résultats ont été publiés dans Cardiology[1].

Pourquoi est-ce important ?

Le syndrome métabolique et l’insuffisance cardiaque préclinique sont des pathologies souvent associées chez un même individu, Certains éléments suggèrent que le premier modifierait le risque de développer la seconde : en effet, le tour de taille a été décrit comme favorisant la dysfonction diastolique ; par ailleurs, le traitement du syndrome métabolique semble réduire l’incidence de l’insuffisance cardiaque préclinique.

Pour déterminer plus précisément les liens entre les deux, les investigateurs de l’étude STANISLAS ont conduit une étude épidémiologique pour décrire l’association entre les deux.

Méthodologie

STANISLAS (Suivi temporaire annuel non invasif de la santé des lorrains assurés sociaux) est une cohorte rassemblant 1 006 familles dont les membres sont sans pathologie chronique à l’inclusion qui ont été recrutés à Nancy entre 1993 et 1995, puis suivis régulièrement (examen clinique, cardiologique, biologique…). La présente analyse visait à établir l’incidence et la prévalence de l’insuffisance cardiaque préclinique à l’inclusion et au cours du suivi à partir des données issues de la 4e vague d’enquête conduite en 2011-2016.

Principaux résultats

Les données ont pu être analysées pour 944 participants qui étaient adultes à l’inclusion et qui ont participé à la 4 e visite de suivi (médiane 17 ans). Ils étaient 9% à présenter un syndrome métabolique à l’inclusion et 28% à l’avoir développé au cours du suivi. Par ailleurs, parmi les 408 patients pour lesquels un ECG et un dosage des NtproBNP étaient disponibles, 51,4% ont développé une insuffisance cardiaque préclinique.

Le risque de développer une insuffisance cardiaque préclinique était plus élevée chez ceux qui avaient secondairement un SM par rapport aux autres (odds ratio ajusté ORa 1,56 [1,00-2,43], p=0,05) et chez ceux qui avaient un syndrome métabolique à l’inclusion (ORa 2,27 [1,07-4,81], p=0,03), principalement chez les patients présentant une hypertension artérielle ou une obésité.

Les conclusions étaient comparables lorsque la définition de l’insuffisance cardiaque préclinique écartait la valeur de NTproBNP. En revanche, la relation était atténuée lorsque l’ajustement incluait aussi l'IMC.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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