Dans l’Actu : la poliomyélite

Ryan Syrek

Auteurs et déclarations

4 mars 2022

 

Un nouveau car confirmé de poliomyélite en Afrique suscite des inquiétudes. Néanmoins, la vaccination contre la maladie est maintenue dans la plupart des pays à risque, et pourrait même avoir un impact bénéfique sur l’épidémie de COVID-19.

Cas confirmé de poliovirus sauvage de type 1 au Malawi

L'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (IMEP) a déclaré dans un communiqué que le séquençage du virus [détecté chez une fillette de 3 ans] avait été effectué ce mois-ci par l'Institut national des maladies transmissibles en Afrique du Sud, et confirme qu’il s’agit d’un poliovirus sauvage de type 1. Selon à l'annonce de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'analyse en laboratoire montre que la souche identifiée au Malawi est liée à celle qui circule dans la province du Sindh, au Pakistan. La poliomyélite reste endémique uniquement en Afghanistan et au Pakistan. On ne sait pas si la fillette s'était rendue au Pakistan. Kacey C. Ernst, professeure et épidémiologiste des maladies infectieuses au Zuckerman College of Public Health de l'Université de l'Arizona à Tucson, a déclaré que bien la situation puisse être une source de préoccupation, il n’y a « pas de raison de paniquer. Le Malawi a des taux de vaccination contre la poliomyélite très élevés et il est tout à fait possible qu'il s'agisse d'une très petite épidémie qui sera bien contenue. »

L'Afrique a été certifiée exempte de poliovirus sauvage en août 2020. Le continent conservera ce statut, car la souche est originaire du Pakistan. Selon l'OMS, seuls cinq cas de poliovirus sauvage ont été identifiés dans le monde en 2021. L'IMEP a envoyé une équipe au Malawi pour soutenir les opérations d'urgence, les communications et la surveillance. Les organisations partenaires ont également délégué des équipes. Le partenariat de l'IMEP a inclus notament la Fondation Bill & Melinda Gates ― plus tôt en février, Bill Gates s'était rendu au Pakistan et avait suggéré que l'éradication de la poliomyélite pourrait être possible dans les années à venir. Cependant, il a laissé entendre que l'issue reste incertaine, en particulier compte tenu de la situation en Afghanistan, où les talibans ont repris le contrôle en août dernier. « L'Afghanistan reste un point d'interrogation parce que la situation est  plus complexe », a-t-il indiqué, en ajoutant que les taux de vaccination avaient augmenté cette année après avoir chuté depuis 2018.

La poliomyélite en Amérique

Au-delà de l'Afrique, du Pakistan et de l'Afghanistan, l'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) a déclaré fin 2021 que le Brésil était l'un des six pays des Amériques à haut risque de réintroduction de la poliomyélite. Les autres sont la République Dominicaine, l'Équateur, le Guatemala, le Suriname et le Venezuela. Deux autres pays, Haïti et la Bolivie, sont également considérés à très haut risque.

Depuis 2015, le Brésil fait face à une baisse inquiétante des taux de vaccination contre la poliomyélite et d'autres maladies contagieuses. Le Dr Luiza Helena Falliros-Arlant, pédiatre et spécialiste des maladies infectieuses à l'Université métropolitaine de Santos au Brésil, a expliqué « qu’actuellement, chez les enfants de 1 an ou moins, la couverture vaccinale contre la poliomyélite est de 62% avec la primo-série de vaccination (qui consiste en trois doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé). Donc environ 40% des enfants n'ont pas reçu la primo-série qu'ils auraient dû recevoir. » L'objectif est d'avoir au moins 95% de la population éligible vaccinée contre la poliomyélite, a-t-elle déclaré.

Vaccination contre la poliomyélite et COVID-19

La vaccination contre la poliomyélite peut présenter un avantage supplémentaire. Une étude récente menée en Iran (publiée dans JAMA Network Open) a montré que les mères d'enfants immunisés avec le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) semblaient avoir été protégées contre le COVID-19 symptomatique pendant au moins 6 mois. À partir d'une cohorte de près de 88 000 femmes, les chercheurs ont analysé les données de 419 mères (âge moyen de 35,5 ans) qui ont été indirectement exposées au VPO et 3771 femmes du même âge sans exposition au VPO, de mars à décembre 2020. Aucune des mères dont les enfants avaient reçu le VPO n'a développé de COVID après un suivi médian de 141 jours ; 28 femmes (0,74%) du groupe non exposé ont reçu un diagnostic de COVID. L'exposition indirecte au VPO s'est avérée significativement associée à une diminution de maladie liée au coronavirus. À 9 mois, la probabilité de rester non infectée par le COVID était de 1 000 dans le groupe exposé contre 0,993 dans le groupe non exposé.

 

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