POINT DE VUE

ESC 2022 : les études à ne pas manquer

Pr Ph Gabriel Steg

Auteurs et déclarations

16 août 2022

Le blog du Pr Gabriel Steg – Cardiologue

TRANSCRIPTION

France, Espagne __ Bonjour. Nous sommes déjà pendant l’été et, donc, comme chaque année, le congrès de l’ESC s’approche. Ce sera, cette année, à Barcelone et on peut penser que la participation va être très importante, compte tenu de la frustration relative des cardiologues qui n’ont pu participer, pour beaucoup d’entre eux, à des congrès présentiels depuis deux ans et le début de la pandémie. On attend une participation record à Barcelone.

 
On attend une participation record à Barcelone.
 

Alors, le congrès sera, comme chaque année, très riche. Quels sont les grands résultats qui seront présentés ou qui sont annoncés en hotlines ? Il y a un très riche programme de grands essais cliniques, puisqu’il y a dix sessions de hotlines qui sont prévues et je vous ai préparé, comme chaque année, une petite sélection.

Parmi les essais qui me paraissent devoir retenir notre attention a priori, il y a deux essais intéressants sur la prise en charge des patients qui ont un arrêt cardiaque. Ce sont les essais BOX. L’un va s’intéresser à l’oxygénothérapie dans l’arrêt cardiaque chez les patients qui ont un arrêt cardiaque extrahospitalier et l’autre à la gestion de la pression artérielle. Et ce sont des questions très pratiques, très simples, mais qui pourraient avoir un impact majeur sur le pronostic de ces patients.

Deuxième essai, c’est l’essai TIME. L’essai TIME s’intéresse au fait de savoir s’il faut, notamment dans le traitement de l’hypertension artérielle et en prévention secondaire, donner le traitement antihypertenseur le matin ou le soir — et vous savez qu’il y a des données assez étonnantes qui suggèrent une différence importante d’efficacité des traitements suivant l’horaire auquel ils sont administrés. Et ceci mérite d’être testé prospectivement et je serai curieux de voir les résultats de l’essai TIME.

Troisième essai : l’essai DELIVER est très attendu sur le rôle d’un inhibiteur de SGLT2, en l’occurrence la dapagliflozine, dans l’insuffisance cardiaque à fonction systolique préservée ou légèrement altérée, qui devrait être un essai qui va complémenter d’autres essais de la même classe dans la même pathologie.

Il va y avoir toute une séance qui va être consacrée aux nouveaux anticoagulants anti-XI. Alors, nous avons les anti-vitamines K, nous avons les NOAC ou DOAC, qui sont des anticoagulants directs qui, pour les xabans, en tout cas, antagonisent le facteur X activé et, maintenant, il arrive une nouvelle classe — les anti-XI — dont on espère qu’ils auront un rapport bénéfice-risque encore plus favorable, qu’ils pourraient être à la fois plus efficaces et, peut-être, plus sûrs, avec toujours le rêve d’interférer avec la thrombose, mais de maintenir l’hémostase, autrement dit, permettre la coagulation physiologique qui permet de faire face aux lésions vasculaires, mais en interférant avec la coagulation pathologique qui est la thrombose. Et, donc, toute une série d’essais de phase 2 dans la prévention des récidives après syndrome coronarien aigu ou dans la prévention de l’accident vasculaire cérébral en prévention secondaire vont être présentés avec plusieurs molécules dans une hotline dédiée à cette classe de médicaments.

Il y aura également, toujours sur le thème des anticoagulants, trois essais sur l’anticoagulation des patients COVID. Beaucoup a déjà été dit, il y a déjà eu beaucoup d’essais présentés, mais, finalement, après une phase d’enthousiasme initial on est beaucoup revenu en arrière sur le traitement antithrombotique dans l’infection par COVID.

Et trois essais — un chez les patients hospitalisés, ACT inpatient, un chez les patients ambulatoires, ACT outpatient, et puis un troisième, qui s’appelle COVID-PACT — devraient apporter des renseignements importants sur la stratégie antithrombotique optimale dans ce contexte.

Et puis, enfin, un dernier essai qui m’intéresse particulièrement : c’est un essai qui compare de façon prospective une monothérapie par anti-P2Y12 et une monothérapie par aspirine dans la maladie coronaire stable. Et ça, c’est évidemment intéressant et provocant — nous avions eu CAPRI il y a quelques années, nous avons eu un essai coréen très troublant il y a deux ans et donc, là, on aura à nouveau des données prospectives issues d’un essai randomisé, je pense que ça va être intéressant.

Ça ne résumait pas du tout le programme des hotlines — vous l’avez bien compris — et encore moins le programme du congrès, qui promet d’être très riche. J’espère que vous aurez l’occasion d’y participer et, sinon, je pense que vous trouverez les meilleurs résultats et les résultats les plus intéressants sur Medscape. À bientôt !

 

Merci et à bientôt sur Medscape.

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