Asthme : passer à l'inhalateur à poudre sèche « réduit de moitié l'empreinte carbone »

Peter Russell

Auteurs et déclarations

24 février 2022

Royaume-Uni, Suède — Dans l’asthme, passer d'un aérosol-doseur sous pression (pMDI) à un inhalateur à poudre sèche (DPI) réduit de plus de moitié l’empreinte carbone associée, sans perte de contrôle de la maladie, selon une étude publiée dans la revue Thorax[1].

Les patients asthmatiques ignorent souvent que leurs inhalateurs-doseurs contiennent des hydrofluoroalcanes comprimés liquéfiés (HFA), un gaz à effet de serre important, selon le Pr Ashley Woodcock de l'Université de Manchester (Royaume-Uni) qui a mené l'enquête.

« Chaque bouffée d'un [inhalateur-doseur] équivaut à parcourir 1 mile (≈ 1,7 km) dans une voiture familiale, donc un inhalateur pMDI équivaut à parcourir 200 miles (plus de 320 km)… mais un inhalateur en poudre représente environ un 20ème de cela », a-t-il déclaré.

 
Un inhalateur pMDI équivaut à parcourir 200 miles (plus de 320 km)… Pr Ashley Woodcock
 

Une étude sur 12 mois

L'étude, publiée dans la revue Thorax , a été menée en association avec l'Université d'Uppsala en Suède et sponsorisée par GlaxoSmithKline (GSK).

Les chercheurs ont effectué une analyse ouverte sur 12 mois auprès de 2236 participants adultes participants à la Salford Lung Study qui, au départ, utilisaient un inhalateur pMDI pour contrôler leur asthme. Parmi ceux-ci, 1 081 ont été randomisés pour recevoir du furoate de fluticasone/vilanterol via l'inhalateur à poudre sèche Ellipta de GSK, tandis que 1 155 ont poursuivi leur traitement classique avec le pMDI.

Tous les participants, qui ont été appariés pour la sévérité des symptômes, ont été évalués à l'aide du test de contrôle de l'asthme (ACT) au départ et à 12, 24, 40 et 52 semaines, tout en étant pris en charge dans des conditions très proches de la pratique clinique quotidienne.

Résultats cliniques

Le contrôle de l'asthme s'est amélioré dans les deux bras de traitement au cours de l'étude.

À la semaine 24, les probabilités de bien répondre au traitement (score total ACT ≥ 20 et/ou une augmentation par rapport au départ de ≥ 3), pour le groupe utilisant des DPI étaient environ le double versus ceux qui ont continué à utiliser des pMDI (OR ajusté 1,91 , IC à 95 % 1,57 à 2,33). La différence était constante sur la période de traitement de 12 mois.

Les participants qui sont passés aux DPI se sont vu prescrire environ un inhalateur de salbutamol de moins au cours des 12 mois par rapport à ceux qui ont continué avec les soins habituels (7,2 contre 8), ont rapporté les chercheurs.

Les patients étaient autorisés à changer de type d'inhalateur au cours de l'étude, mais la plupart sont restés avec le type qui leur avait été attribué. 80 % sont restés sur un inhalateur-doseur dans le groupe de soins classiques, et 85 % sont restés sur un inhalateur à poudre sèche dans le groupe contrôle.

Empreinte carbone réduite

Les chercheurs ont calculé que la réduction annuelle de l'empreinte carbone pour chaque patient du groupe switch était de 132 kg d'émissions de CO2 puisque les émissions reviennent à 108 kg (IC à 95 % 102 à 114) dans le groupe switch contre 240 kg (IC à 95 % 229 à 252) chez ceux qui poursuivaient avec un pMDI.

« C'est une façon facile pour le NHS de réduire son empreinte carbone », a déclaré le Pr Woodcock dans un podcast accompagnant l’article », « surtout parce que le Royaume-Uni est vraiment hors norme dans son utilisation d'inhalateurs à haute teneur en carbone. »

L'empreinte carbone induite par les propulseurs hydrofluorocarbonés dans les inhalateurs-doseurs est trois fois plus élevée au Royaume-Uni qu'en Europe, où les inhalateurs à faible teneur en carbone sont principalement utilisés.

Il a ajouté: « il s'agit essentiellement d'une évolution, pas d’une révolution. Mais, les professionnels de la santé devraient en cours de leurs conversations avec leurs patients aborder la question de l'empreinte environnementale de leurs inhalateurs ».

Les co-auteurs de l'étude Alison Moore, Lucy Frith et David Leather sont des employés de GlaxoSmithKline, qui a financé l'enquête.

 

Cet article a été initialement publié sous l’intitulé Switch to Dry Powder Asthma Inhaler 'Halves Carbon Footprint' sur medscape.com/uk. Traduit par Aude lecrubier

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