5ième vague de l’épidémie COVID : sommes-nous proches du pic ?

Anne-Gaëlle Moulun

Auteurs et déclarations

19 janvier 2022

France Alors que 464 769 nouveaux cas de Covid ont été comptabilisés le 18 janvier par Santé publique France, la 5ème vague de l’épidémie semble avoir atteint un pic entre le 14 et le 16 janvier. Le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches fait le point pour Medscape sur la progression de l’épidémie, tandis que le Dr Romain Hernu, chef de service aux urgences à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon partage ses observations de terrain.

Il reste environ 10 % de variant Delta.

Une cinquième vague très particulière

Le 18 janvier 2022, Santé Publique France a recensé 464 769 nouveaux cas de Covid au cours des dernières 24 heures. Si ces chiffres restent très élevés, ils ne devraient pas tarder à redescendre, d’après le Dr Davido. « Le pic des contaminations a été atteint entre le 14 et le 16 janvier », estime-t-il. « Le pic des hospitalisations devrait être atteint autour du 20-21 janvier et le pic des admissions en réanimation en fin de mois », prévoit-il. Pour lui, cette cinquième vague est « très particulière, car elle conjugue les conditions idéales pour créer et propulser des contaminations avec un variant très contagieux ». Ainsi le variant Omicron représente actuellement près de 90 % des nouvelles contaminations. « Il reste environ 10 % de variant Delta. Il a un risque de formes graves un peu plus prépondérant que le variant Omicron. Mais, contre ces formes graves provoquées par le variant Delta, le vaccin est très efficace, donc il faut vraiment encourager la dose de rappel de vaccin. On a l’impression qu’Omicron crée des formes moins graves, mais avec une population majoritairement vaccinée, on ne sait pas ce qui dépend du variant et ce qui dépend de la vaccination », souligne-t-il.

c’est qu’il faut qu’on se mette d’ores et déjà en ordre de bataille pour lutter contre Omicron ou un autre variant à l’automne prochain

 

Baisse de l’efficacité vaccinale

« Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour que Delta continue à se faire écraser par la vague Omicron. Pour le moment, on ne sait pas si on va arriver à 0 % de Delta. Mais la vague d’Omicron devrait s’assécher d’ici la fin du mois de mars », anticipe-t-il. « Ce dont je suis sûr, c’est qu’il faut qu’on se mette d’ores et déjà en ordre de bataille pour lutter contre Omicron ou un autre variant à l’automne prochain. On va voir une baisse de l’efficacité vaccinale, comme pour la vaccination grippale, donc dès que la vague actuelle sera terminée, il faudra faire une campagne de vaccination ciblée pour les plus fragiles », préconise-t-il. « Pour l’instant, on a attendu d’avoir les vagues pour faire les doses de vaccins. Mais cette épidémie restera avec nous, donc il faut désormais anticiper davantage », juge-t-il.

les hospitalisations avec Omicron sont plus courtes, moins sévères et moins pourvoyeuses de besoins en soins critiques.

Toujours des déprogrammations

Sur le terrain, le Dr Romain Hernu observe que « l’activité Covid est encore forte et empêche l’hôpital d’avoir son activité habituelle. Il y a toujours des déprogrammations, rendues nécessaires pour faire de la place aux patients Covid. Aujourd’hui, l’activité programmée représente entre 50 et 60 % de l’activité habituelle », note-t-il. « Nous sommes encore en plein dans la 5e vague, avec deux variants qui cohabitent et qui posent des problèmes différents ». Ainsi, sur la dernière semaine, en hospitalisation complète, il a recensé 88 % de patients porteurs du variant Omicron et 12 % de Delta, tandis qu’en soins critiques, la proportion s’inversait avec 31 % d’Omicron et 69 % de Delta. Il confirme que « les hospitalisations avec Omicron sont plus courtes, moins sévères et moins pourvoyeuses de besoins en soins critiques. Les tableaux cliniques sont également différents. Le variant Omicron est responsable, dans la majorité des cas, de décompensations de maladies chroniques ou de déconditionnement de patients fragiles, âgés et beaucoup moins de pathologies respiratoires que le variant Delta. Il en reste quelques cas quand même, mais dans une moins forte proportion », détaille-t-il.

On a l’impression qu’on se rapproche du pic, mais qui dit pic ne dit pas fin de la vague.

68% de patients non vaccinés en soins critiques

A la Croix-Rousse, 93 patients Covid sont hospitalisés, dont 25 en soins critiques, tandis que sur l’ensemble des Hospices Civils de Lyon, 365 patients Covid sont hospitalisés, dont 99 en soins critiques, soit environ la moitié des patients de ces services. « Le nombre de patients hospitalisés continue à être croissant, avec une pente qui s’aplatit un peu », constate le Dr Hernu.

En réanimation, 68 % des patients sont non vaccinés, 17 % sont complètement vaccinés et 15 % présentent un schéma vaccinal incomplet.

« On a l’impression qu’on se rapproche du pic, mais qui dit pic ne dit pas fin de la vague. La décroissance sera progressive, même si on s’attend à ce qu’elle soit plus rapide que pour les vagues précédentes », conclut le Dr Hernu.

 

 

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