Quiz express : 5 questions sur les myocardites

Dr Yasmine S Ali

Auteurs et déclarations

7 janvier 2022

L’éventualité d’un diagnostic de myocardite aiguë doit être prise en compte y compris chez les patients qui présentent des signes cliniques peu marqués. Heureusement, la plupart des patients souffrent de symptômes légers correspondants à des syndromes viraux et ils se rétablissent avec des soins symptomatiques simples en ambulatoire :  rééducation progressive et mise en place d'un traitement médical fondé sur des preuves. Une évaluation répétée par échocardiographie peut être utile pour préciser l’éventuelle persistance du dysfonctionnement cardiaque.

Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) doivent être évités dans la phase aiguë de la myocardite, car leur utilisation peut contrecarrer la guérison du myocarde et, de façon paradoxale, exacerber le processus inflammatoire et augmenter le risque de mortalité.

Le traitement de la myocardite repose sur un traitement symptomatique d'insuffisance cardiaque aiguë avec l'utilisation de diurétiques, d’amines vasopressives et d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC). Des médicaments inotropes (par exemple, la dobutamine, la milrinone) peuvent être nécessaires en cas de décompensation grave, bien qu'ils soient hautement arythmogènes. Le traitement à long terme suit le même schéma : IEC, bêtabloquants et antagonistes des récepteurs de l'aldostérone. Dans certains cas, ces médicaments ne peuvent être prescrits initialement en raison de l'instabilité hémodynamique.

Chez les personnes atteintes de myocardite fulminante et de tachycardie sinusale, il convient d’éviter d'utiliser des agents régulateurs de débit sanguin (en particulier ceux qui sont dotés de propriétés inotropes négatives, notamment le métoprolol, le diltiazem et le vérapamil). De même, les AINS ne sont pas indiqués afin d’éviter d'augmenter la rétention de sodium, d’induire des lésions myocardiques secondaires et d'exacerber l'hypoperfusion rénale.

Les statines peuvent être bénéfiques dans le cas du COVID-19. Il a été démontré qu'elles atténuent la myocardite, mais des études supplémentaires sont nécessaires.

Il n'a pas été démontré que l'immunosuppression modifie l'histoire naturelle de la myocardite infectieuse.

Un épisode de myocardite peut évoluer vers une guérison sans séquelle, une guérison avec dysfonction ventriculaire séquellaire, la persistance d’une inflammation myocardique correspondant alors à une myocardite chronique. Dans tous les cas, un suivi au long cours est indispensable, comportant une évaluation clinique, électrocardiographique et échocardiographique. La réalisation d’IRM de suivi peut être utile, notamment en cas de myocardite chronique.

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