Cancer bronchique : bientôt une AMM européenne pour un traitement ciblant les mutations KRAS G12C

Nick Mulcahy

Auteurs et déclarations

25 novembre 2021

Amsterdam, Pays-Bas— C’est une première. Un médicament ciblant une mutation KRAS dans le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) a reçu une recommandation d’autorisation par l’agence européenne du médicament (EMA)[1].

Les mutations KRAS sont les mutations les plus fréquentes dans les tumeurs CPNPC, mais pendant longtemps, elles sont apparues résistantes aux traitements médicamenteux, d’où l’importance de cet avis favorable.

Le nouveau traitement oral en question est le sotorasib (Lumykras®, Amgen). Il devrait être indiqué dans le traitement des adultes atteints d'un CPNPC avancé avec une mutation KRAS G12C qui ont progressé après au moins une ligne antérieure de traitement systémique.

Le sotorasib est un inhibiteur de KRAS G12C, une altération génétique présente dans environ 13 % des CPNPC. Le médicament agit en bloquant la signalisation et la survie des cellules tumorales, en inhibant la croissance cellulaire et en favorisant sélectivement l'apoptose dans les tumeurs hébergeant KRAS G12C, selon l’EMA.

Lorsque les données cliniques sur le sotorasib ont été présentés à l’occasion de la conférence mondiale 2020 de l’International Association for the Study of Lung Cancer (IASLC), les experts ont accueilli les résultats avec enthousiasme, comme l'avait rapporté Medscape Medical News à l'époque.

« Il s'agit d'une étape historique dans le traitement du cancer du poumon. Après quatre décennies d'efforts scientifiques pour cibler KRAS, le sotorasib a le potentiel d'être la première option de traitement ciblée pour cette population de patients ayant un besoin non satisfait élevé », avait alors commenté le Pr Bob Li du Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York.

 
Après quatre décennies d'efforts scientifiques pour cibler KRAS, le sotorasib a le potentiel d'être la première option de traitement ciblée pour cette population de patients ayant un besoin non satisfait élevé. Pr Bob Li
 

Les données

Le médicament a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis en mai sur la base de l’étude CodeBreaK 100 portant sur de 124 patients atteints d'un CPNPC localement avancé ou métastatique avec mutation KRAS G12C avec progression de la maladie après avoir reçu un traitement par des inhibiteurs de PD-1 ou de PD-L1 et/ou une chimiothérapie à base de platine.

Les patients ont reçu du sotorasib à raison de 960 mg une fois par jour, par voie orale.

Le taux de réponse global, critère principal de l’étude, était de 36 %. Parmi les patients qui ont répondu, 58% avaient une durée de réponse d’au moins 6 mois. La survie médiane sans progression était de 6,8 mois.

« La réponse tumorale au sotorasib a été observée y compris chez les patients avec un niveau d'expression de PD-L1 négatif ou faible et ceux avec le mutant STK11 », a indiqué le Pr Li.

Les effets secondaires liés aux traitements (tout grade) sont survenus chez 69,8 % des patients et ont conduit à l'arrêt du traitement chez 7,1 % d’entre eux. Les effets secondaires les plus courants du sotorasib étaient la diarrhée, les nausées, la fatigue, l'augmentation de l'aspartate aminotransférase et l'arthralgie.

Concernant les recherches en cours, un essai de phase 3 comparant le sotorasib au docétaxel en deuxième ligne a débuté.

L'essai de phase 1/2 CodeBreaK 100 a été financé par Amgen. Le Pr Li a déclaré des liens d’intérêt avec Amgen et de nombreux autres laboratoires.

Cet article a été initialement publié sur Medscape.com. EU Panel Endorses First-of-Its-Kind Lung Cancer Drug. Traduit et adapté par Aude Lecrubier.

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