Un appel à enquêter sur les plaintes à caractère sexuel traitées par l’Ordre des médecins

Serge Cannasse

Auteurs et déclarations

23 novembre 2021

France   Le 9 décembre 2019, la Cour des comptes publiait un rapport peu flatteur sur l’Ordre des médecins. Il y était notamment mentionné le résultat d’une enquête menée de 2014 à 2017 sur le traitement des plaintes à caractère sexuel envers des praticiens. Les sages de la rue Cambon notaient une impunité fréquente pour les agresseurs. 

Après la publication du rapport de la Cour, le collectif DésOrdre, qui regroupe cinq associations impliquées dans la santé, a repris le sujet des plaintes à caractère sexuel en examinant une trentaine de dossiers. « Nous avons bien conscience d’avoir une visibilité très partielle sur ces multiples affaires (plusieurs centaines sont répertoriées par des journalistes d’investigations) », reconnaît-le collectif.

Mais il ajoute : « Nous nous autorisons à affirmer dès maintenant que nous sommes en présence d’une faillite systémique de l’institution ordinale qui :

  • néglige très souvent la parole des victimes (majeures ou mineures) et de leurs proches ;

  • laisse de nombreux agresseurs impunis ;

  • montre un amateurisme et un manque flagrant de coordination interne ;

  • dissuade les plaintes des victimes devant notre justice républicaine en donnant l’illusion qu’elle va prendre elle-même des décisions « exemplaires » ;

  • favorise « l’omerta confraternelle » en menaçant et sanctionnant des médecins honnêtes désireux de témoigner de malversations de collègues prédateurs. »

Aussi demande-t-il qu’il soit effectué un travail semblable à celui fait récemment par la CIASE (Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église), c’est-à-dire un « complément d’enquête publique et indépendante sur l’ensemble de ces pratiques ordinales. »

De plus, il demande que les plaintes à caractère sexuel relatives à des pratiques de médecins ou autres professionnels de santé soient « automatiquement transmises aux procureurs. » En conséquence, elle invite les personnes victimes à saisir préférentiellement la justice commune plutôt qu’une institution ordinale.

Son appel est cosigné par 37 organisations, dont le SMG (Syndicat de la médecine générale) et le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins généralistes), tous deux co-fondateurs du collectif DésOrdre.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape. Adapté par Aude Lecrubier.

 

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