Vaccin contre le COVID : la HAS préconise une dose de rappel pour les 40 ans et plus

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

19 novembre 2021

France – Dans un contexte de reprise épidémique et alors que la baisse de l’efficacité vaccinale dans le temps se confirme, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande aujourd’hui de proposer un rappel aux personnes âgées de 40 ans et plus, six mois après avoir reçu un schéma vaccinal anti-Covid complet, les dernières études suggérant en effet un bénéfice pour cette tranche d’âge[1].

À ce jour, la dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 est recommandée pour les personnes âgées de 65 ans et plus, celles qui sont atteintes de comorbidités, ainsi qu’aux professionnels de santé et du médico-social. Elle est aussi préconisée à l’entourage des personnes immunodéprimées.

L’avis de la HAS s’appuie sur de nouvelles données qui confortent le bénéfice d’une dose de rappel. L’institution a notamment pris en compte les données en vie réelle israéliennes[2] démontrant que la dose de rappel confère d’excellents niveaux de protection contre l’infection par SARS-CoV-2, y compris chez les personnes âgées de moins de 60 ans.

Par ailleurs, les données issues d’une étude observationnelle israélienne de grande envergure publiées dans le Lancet[3] apportent de solides arguments en faveur d’une dose de rappel chez les personnes âgées de 40 ans et plus. On observe une diminution du risque de survenue d’infections, de formes sévères, d’hospitalisations et de décès chez les personnes de 40 ans et plus ayant bénéficié d’une dose de rappel, comparativement à celles qui n’en n’ont pas bénéficiée.

Enfin, les données issues d’une étude américaine[4] confirment la bonne tolérance d’une dose de rappel en vie réelle avec les vaccins Comirnaty® (Pfizer) et Spikevax® (Moderna).

En pratique

Le rappel doit être réalisé à partir de six mois après la primo-vaccination avec un vaccin à ARNm, Comirnaty® de Pfizer ou Spikevax® de Moderna.

La HAS souligne que le rappel s’effectue avec une pleine dose pour le vaccin de Pfizer, et avec une demi-dose pour celui de Moderna. 

Elle précise que la dose supplémentaire de vaccin à ARNm que la HAS recommande d’administrer aux personnes vaccinées avec une dose unique du vaccin Janssen ne doit pas être considérée comme une dose de rappel mais comme une dose additionnelle visant à compléter le schéma vaccinal initial. Ainsi, lorsque le vaccin Spikevax® de Moderna est utilisé pour cette dose supplémentaire, il doit être administré en dose pleine comme pour une primo-vaccination.

Une troisième dose pour tous ?

Concernant l’élargissement de la dose de rappel pour tous, « les données et analyses disponibles ne permettent pas encore à la HAS de se prononcer. La rareté des cas de forme grave de la maladie ou de décès chez les plus jeunes primo-vaccinés (moins de 40 ans) ne permet pas de conclure formellement sur la réduction du risque individuel dans cette population », précise la HAS.

Pour répondre à cette question dans les prochaines semaines, la HAS va s’appuyer sur les résultats d’un modèle populationnel, en cours de construction par les équipes de l’Institut Pasteur. L’objectif du modèle est de tester l’influence d’une dose de rappel sur la survenue de cas graves ou de décès dans l’ensemble de la population française et sur la dynamique épidémique.

 

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