Concentrations urinaires élevées en sodium et faibles en potassium : une relation linéaire avec le risque CV

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

18 novembre 2021

Virtuel — Une nouvelle étude montre que des taux élevés en sodium et faibles en potassium mesurés dans plusieurs échantillons d'urine prélevés sur 24 heures sont associés de façon dose-réponse à un risque cardiovasculaire plus élevé. « Elle encourage la réduction de l'apport en sodium et l'augmentation de l'apport en potassium chez les patients à risque », indiquent les auteurs, le Pr Yuan Ma et coll. (Harvard, Etats-Unis).

Cette étude, présentée au congrès de l’American Heart Association (AHA) 2021 et publiée simultanément dans le New England Journal of Medicine[1,2] , conforte l’idée que la consommation élevée de sel, une des causes de l'hypertension, est un facteur de risque alimentaire majeur de maladies cardiovasculaires dans le monde.

Selon l’équipe, la rigueur méthodologique de leur étude devrait mettre fin à la controverse autour de l’intérêt de réduire les apports en sodium. Si plusieurs méta-analyses d'études de cohorte prospectives et d'essais randomisés ont montré une relation linéaire entre l'apport en sodium et le risque cardiovasculaire, quelques autres méta-analyses et études de cohorte plus récentes ont montré que, d’une part, des apports faibles et d’autre part, des apports élevés en sodium étaient associés à des risque plus élevés (association en forme de J)[3,4,5,6,7].

Pour les chercheurs américains, la mesure du sodium plusieurs fois par 24 heures utilisée ici limite les biais par rapport aux études qui se sont appuyées sur une mesure unique ou seulement sur des questionnaires et ont suggéré qu’un faible apport en sel était délétère.

Au moins deux échantillons d'urine sur 24 heures par participants

Dans cette nouvelle analyse, les chercheurs ont colligé les données des participants de six cohortes prospectives d'adultes en bonne santé. L’excrétion de sodium et de potassium a été évaluée à l'aide d'au moins deux échantillons d'urine sur 24 heures par participant. Le critère de jugement principal était la survenue d’un événement cardiovasculaire (revascularisation coronarienne, infarctus du myocarde mortel ou non mortel ou accident vasculaire cérébral).

Il en ressort que parmi les 10 709 participants, qui avaient un âge moyen (± écart-type) de 51,5 ± 12,6 ans et dont 54,2 % étaient des femmes, 571 événements cardiovasculaires ont été rapportés au cours du suivi de l'étude de 8,8 ans en moyenne (taux d'incidence, 5,9 pour 1000 personnes). années).

Des résultats qui vont dans le sens de l’essai SSaSS

L'excrétion urinaire médiane de sodium sur 24 heures était de 3270 mg (du 10e au 90e centile, de 2099 à 4899). Une excrétion de sodium plus élevée, une excrétion de potassium plus faible et un rapport sodium-potassium plus élevé étaient tous associés à un risque cardiovasculaire plus important dans les analyses contrôlées pour différents biais (P≤0,005 pour toutes les comparaisons).

Dans les analyses comparant le quartile 4 du biomarqueur urinaire (le plus élevé) au quartile 1 (le plus bas), les rapports de risque étaient de 1,60 (intervalle de confiance [IC] à 95 %, 1,19 à 2,14) pour l'excrétion de sodium, 0,69 (IC à 95 %, 0,51 à 0,91) pour l'excrétion de potassium et 1,62 (IC à 95 %, 1,25 à 2,10) pour le rapport sodium/potassium.

Chaque incrément quotidien de 1 000 mg d'excrétion de sodium était associé à une augmentation de 18 % du risque cardiovasculaire (RR=1,18 ; IC à 95 %, 1,08 à 1,29), et chaque augmentation quotidienne de 1 000 mg d'excrétion de potassium était associée à une diminution de 18 % du risque (RR= 0,82 ; IC à 95 % : 0,72 à 0,94).

Ces données confirment celles de l'essai SSaSS, rapportées lors du congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) en août dernier et publiées simultanément dans le New England Journal of Medicine, qui avaient montré que les patients à haut risque qui remplacent le sel de table par un substitut de sel (KCI) réduisent considérablement leur risque d'accident vasculaire cérébral et d'autres événements cardiovasculaires.

Etude financée par l'American Heart Association et le National Institute of Health.

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....