Cas clinique : « crises d’angoisse » à répétition chez une jeune femme

Dr Guillaume Davido

Auteurs et déclarations

17 novembre 2021

La « crise borderline » n’existe pas.

Il s’agit d’un syndrome de sevrage aux benzodiazépines (Critères CIM-10). Toute prescription prolongée de benzodiazépines, à fortiori à fortes doses, expose, en cas d’arrêt brutal accidentel (oubli, hospitalisation, etc.), ou volontaire, pose un risque de syndrome de sevrage.

L’apparition de signes nouveaux (ci-après) dus à l’arrêt ou à la diminution de la consommation doivent y faire penser :

  • Signes généraux fréquents : tremblements, anxiété, insomnie, céphalées

  • Signes plus spécifiques : confusion, hallucination

  • Plus rarement : troubles de vigilance, convulsions, incoordination motrice, coma

Les facteurs suivants sont associés à la sévérité du syndrome de sevrage :

  • la rapidité de diminution de la posologie

  • la consommation d’une posologie élevée de benzodiazépines

  • la demi-vie courte d’élimination du médicament

  • l’existence d’une anxiété importante à l’arrêt

  • l’existence d’un épisode dépressif caractérisé associé

  • la surconsommation régulière d’alcool ou d’une autre substance psycho-active

Pour information, l’intoxication aiguë aux benzodiazépines se caractérise par une sédation, des troubles de la vigilance, une ataxie, une dysarthrie, voire par un coma avec dépression respiratoire. En cas de troubles importants de la vigilance, il s’agit d’une urgence vitale.

L’intoxication aiguë aux benzodiazépines s’observe lorsque les doses de benzodiazépines prises par le sujet dépassent les doses habituellement prescrites. L’intoxication aiguë aux benzodiazépines peut être volontaire, soit pour rechercher des effets thérapeutiques (anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxants...) dans des situations de perte progressive d’effets liée à une prescription chronique, soit en cas d’intoxication médicamenteuse volontaire à visée suicidaire.

Devenir de la patiente

Après les soins, la patiente se rétablit de l’épisode aigu, critique le geste auto-agressif, n’est pas demandeuse d’hospitalisation et a pris rendez-vous avec un psychiatre. Dans ce contexte, vous décidez de privilégier la prise en charge ambulatoire de son trouble de la personnalité borderline. Un retour à domicile est organisé avec sa mère.

 

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