Cas clinique : « crises d’angoisse » à répétition chez une jeune femme

Dr Guillaume Davido

Auteurs et déclarations

17 novembre 2021

Pour rappel le trouble de personnalité borderline est caractérisé par trois grandes dimensions fondamentales d’instabilité (critères DSM 5) :

  • une instabilité affective avec oscillations entre euthymie et dépression, angoisse, colère inappropriée souvent associée à un sentiment chronique de vide

  • une instabilité interpersonnelle majeure marquée par des relations intenses et chaotiques alternant entre les deux extrêmes de l’idéalisation et du rejet. Ces patients ont aussi une hypersensibilité à ce qu’ils ressentent comme une peur intense d’être abandonnés, et font donc des efforts effrénés pour éviter les abandons

  • une instabilité de l’identité et de l’image de soi (« qui suis-je, quels sont mes repères, mes buts, mes choix »).

À ces éléments d’instabilité de fond s’ajoutent deux autres dimensions cliniques bruyantes à expression intermittente :

  • des troubles du comportement liés à l’impulsivité : auto-mutilations, conduites à risque et tentatives de suicide répétées

  • la possible survenue en situation de stress de moments transitoires de symptômes dissociatifs sévères (dépersonnalisation et déréalisation) ou de symptômes psychotiques comme des hallucinations.

Un antécédent de violence physique, sexuelle ou psychique, de négligence dans l’enfance est un facteur de risque de trouble de personnalité borderline.

Le trouble de personnalité borderline est marqué par de fréquentes comorbidités dont les principales sont les abus de substance, les troubles de l’humeur bipolaires et unipolaires, les troubles anxieux et les troubles du comportement alimentaire. À noter que ce diagnostic peut coexister avec les précédents même si on peut se poser la question d’un seul et unique diagnostic qui expliquerait tout le tableau clinique initial.

La patiente étant encore somnolente vous décidez avec vos collègues urgentistes de la garder sous surveillance quelques jours en Unité d'Hospitalisation de Courte Durée (UHCD) dans l’idée de pouvoir faire une évaluation psychiatrique de meilleure qualité.

Suite : Deux jours plus tard, vos collègues urgentistes vous appellent car ils ont l’impression que l’état psychologique de la patiente se dégrade et que « c’est psy ». En effet, elle présente des tremblements majeurs, une irritabilité, une subagitation, une anxiété très prononcée et des propos encore plus incohérents qu’à son admission. Les infirmières vous rapportent qu’elle n’a pas dormi de la nuit, qu’elle n’a fait que des cauchemars et que son lit était trempé à son réveil.

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