Quelle vaccination COVID-19 en cas de SEP ? La position de l’ECTRIMS/EAN

Virtuel — A l’occasion du 37ème congrès de l’ECTRIMS, l'European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ECTRIMS) et l’European Academy of Neurology (EAN) ont publié conjointement une prise de position assurant que la vaccination contre le Covid-19 est sure pour les patients atteints de sclérose en plaques (SEP) et confère le même niveau d’efficacité que chez les patients sans SEP, à l’exception de ceux prenant certains traitements immuno-modulateurs chez qui la réponse est réduite.

Risque de Covid-19 chez les patients atteints de SEP

Les patients atteints de SEP courent-il un risque plus élevé de contracter le Covid-19 ou d'avoir une forme plus grave de la maladie ? Les études publiées à ce jour sont rassurantes et ne suggèrent pas de problèmes majeurs. Les principaux facteurs associés à des formes plus graves de Covid-19 chez les patients atteints de SEP sont similaires à ceux de la population générale.

Sécurité du vaccin contre le Covid-19

Quatre vaccins anti-Covid-19 sont autorisés dans l'Union européenne, et cinq autres sont en cours d'examen et pourraient être disponibles à l'avenir. Tous les vaccins actuellement disponibles peuvent être administrés aux patients atteints de SEP, y compris aux patients recevant des traitements immunosuppresseurs modificateurs de la maladie.

Dans la pratique clinique, aucun signal d'alarme n'a été observé chez les patients atteints de SEP ayant reçu des vaccins à ARNm à ce jour.

En ce qui concerne les effets possibles des vaccins sur les poussées/handicaps liées à la SEP, aucun effet indésirable significatif n'est apparu dans une étude menée en Israël (Achiron et al.) portant sur 435 patients atteints de SEP ayant été entièrement vaccinés avec le vaccin à ARNm de Pfizer. Le taux de rechute était de 1,6%, soit un taux similaire à celui des patients non atteints de SEP. Selon une étude menée par Di Filippo et al., aucun changement significatif du taux de rechute dans les 2 mois suivant l'immunisation n'a été observé avec le vaccin Pfizer chez 324 patients atteints de SEP.

Existe-t-il des recommandations différentes selon les traitements de la SEP ?

En ce qui concerne les effets du vaccin chez les patients prenant divers traitements modificateurs de la maladie, la prise de position indique que les données à ce sujet sont limitées. Les patients prenant des interférons, de l'acétate de glatiramère, du tériflunomide ou des fumarates, et dont le taux de lymphocytes est normal seront très probablement protégés de manière adéquate. Les patients présentant une lymphopénie modérée à sévère risquent de ne pas présenter une réponse immunitaire adéquate à la vaccination contre le Covid-19. Les patients prenant du natalizumab seront probablement aussi protégés après vaccination contre le Covid-19.

Chez les patients prenant de l'alemtuzumab, la réponse immunitaire cellulaire et humorale aux vaccins Covid-19 sera probablement atténuée, en particulier au cours des 6 premiers mois pendant la lymphopénie maximale. Quand cela est possible, la vaccination devrait être retardée jusqu'à au moins 6 mois après le traitement. On estime que les patients qui ont terminé les deux cures d'alemtuzumab avec une reconstitution immunitaire complète présenteront une réponse complète.

Dans les études, tous les patients atteints de SEP qui ont été traités par la cladribine ont démontré une réponse immunitaire humorale protectrice au vaccin contre le Covid-19. Dans ces études, la réponse en anticorps était évidente environ 4 mois après la dernière dose de traitement, et le titre ne différait pas de celui des personnes en bonne santé, a indiqué le Dr Mauricio Farez (Fundacion FLENI, Buenos Aires, Argentine).

La majorité des patients traités par fingolimod n'ont pas montré un niveau d'anticorps protecteur après la vaccination contre le Covid-19. Selon le Dr Farez, « jusqu'à ce que nous ayons des données démontrant le contraire, je pense que nous devrions continuer à vacciner - toute immunité est meilleure que l'absence d'immunité ». De plus, les patients sous fingolimod devraient continuer leur traitement. « Tout traitement de la SEP est préférable à l'absence de traitement. Si le fingolimod est arrêté, la SEP peut refaire surface. Donc, le scénario le plus logique serait de continuer à traiter avec le fingolimod et d'administrer le vaccin. Mais ces patients pourraient avoir besoin d'une approche de rappel plus agressive. »

Les patients sous ocrelizumab ne présentent pas non plus une réponse anticorps appropriée, quel que soit le nombre de lymphocytes ou l'intervalle de temps depuis la dernière dose d'ocrelizumab (3 à 9 mois). Pour optimiser l'efficacité du vaccin, il est conseillé d'administrer le vaccin au moins 12 semaines après l'administration de l'ocrelizumab et 4 à 6 semaines avant la dose suivante, dans la mesure du possible. Une étude fournit des preuves solides de l'amorçage immunitaire lors de la vaccination dans cette population de patients. Bien que pour la plupart de ces patients, la réponse en anticorps ne soit pas optimale, l'amorçage des cellules T est largement intact, a noté Farez.

Doses de rappel

La nécessité et le moment d'administrer des doses de rappel du vaccin n'ont pas été établis. « Les recommandations pour les patients atteints de SEP ne seront pas très différentes de celles de la population générale, sauf peut-être pour des populations spécifiques comme celles qui prennent des médicaments anti-CD20 ou du fingolimod », a déclaré le Dr Farez.

 

 

Initialement publié sur Medscape.com sous l’intitulé ECTRIMS/EAN Statement on COVID-19 Vaccination in MS Patients. Traduit et adapté par  Mediquality, membre du réseau Medscape.

 

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