Cueillette des champignons : intoxications en hausse

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

4 novembre 2021

France L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte régulièrement en cette période propice à la cueillette sur le risque d’intoxication avec des champignons, mais elle insiste particulièrement cette année, car les cas sont déjà très nombreux, et elle met en garde contre les applications de reconnaissance qui peuvent s’avérer trompeuses [1].

732 cas d’intoxication depuis le 1er juillet 2020

Temps clément oblige en ce début d’automne, la saison des champignons a fait des adeptes. Et nombreux sont les promeneurs – habitués ou non – qui se sont livrés à la cueillette, puis ont mangé leur récolte sans prendre les précautions de base puisque les centres antipoison ont enregistré une forte recrudescence des cas d’intoxication à la mi-octobre. Les risques liés au ramassage et la consommation de sa propre cueillette sont en effet multiples et vont de la confusion d’une espèce comestible avec une espèce toxique à la consommation de champignons en mauvais état ou mal cuit.

Les conséquences sur la santé sont loin d’être négligeables puisqu’une erreur de jugement ou une mauvaise cuisson peut conduire à une hospitalisation voire au décès. Depuis le 1er juillet 2020, les centres antipoison (CAP) ont ainsi enregistré 732 cas d’intoxication dont 5 cas de gravité forte pouvant menacer le pronostic vital.

Symptômes essentiellement digestifs 

Les symptômes observés sont essentiellement digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées, avec un délai d’apparition des symptômes est variable, le plus souvent de quelques heures après la consommation, mais il peut être plus long et dépasser 12 heures. L’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement. En cas d’apparition de symptômes suite à une consommation de champignons, l’ANSES conseille d’appeler immédiatement un Centre antipoison en mentionnant cette consommation. Par ailleurs, il est utile de noter les heures du ou des derniers repas, l’heure de survenue des premiers signes et de conserver les restes de la cueillette pour identification.

Attention aux applications de reconnaissance des champignons

Comme la majorité des cas d’intoxication est liée à des champignons cueillis, et plus rarement, à un achat sur un marché, dans un commerce ou à une consommation dans un restaurant, l’ANSES préconise de ne ramasser uniquement les champignons que vous connaissez parfaitement.  « Au moindre doute sur l’état ou l’identification d’un des champignons récoltés, ne pas consommer la récolte avant de l’avoir faite contrôler par un spécialiste en la matière. Les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés », écrit-elle. 

L’Agence met aussi en garde contre les applications Smartphone de reconnaissance de champignons « qui donnent des identifications erronées sur les champignons cueillis » et favorisent la confusion entre les espèces. Elle recommande même de « ne pas consommer de champignon identifié au moyen d’une application de reconnaissance de champignons sur smartphone, en raison du risque élevé d’erreur ».

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