Réadaptation cardiaque : un succès qui repose aussi sur l’adaptation pharmacologique

Caroline Guignot

1er novembre 2021

France – Une étude multicentrique française menée chez un millier de patients confirme que, lors de la période de réadaptation cardiaque, l’ajustement des médicaments prescrits participe à l’amélioration des capacités du patient, que ce soit en termes de fréquence cardiaque de réserve ou de capacités cardiorespiratoires à l’effort. Elle a été publiée dans Ann Cardiol Angeiol [1] .

Outre le fait de proposer une activité physique adaptée personnalisée et de réduire le risque cardiovasculaire (RCV), la période de la réadaptation cardiaque des sujets coronariens après un évènement aigu est aussi l’occasion d’ajuster le traitement médicamenteux. L’étude française multicentrique METRO avait justement pour but d’apprécier la façon dont les traitements étaient adaptés au cours de cette période et quelle était leur influence sur l’efficacité du programme.

Méthodologie

Dans cette étude prospective multicentrique, menée entre 2013 et 2017 dans 23 centres français, des patients coronariens ayant bénéficié d’une réadaptation cardiaque dans les trois mois suivant un évènement coronarien (syndrome coronarien aigu, angioplastie coronarienne percutanée, pontage artériel coronarien) ont été inclus. Ils avaient bénéficié d’un programme en ambulatoire (3 séances hebdomadaires pendant 6 semaines), en institution (5 séances hebdomadaires pendant 3 semaines) ou mixte. Les traitements médicamenteux en début et fin de programme ont été comparés.

Résultats

Au total, 1 000 patients consécutifs ont été inclus dans l’étude. Il s’agissait majoritairement d'hommes (85,3%) ayant un âge moyen de 59,9 ans. Pour 68,5% d’entre eux, la réadaptation faisait suite à un SCA.

Globalement, la comparaison des taux de prescription au début et à la fin de la prise en charge montrait une augmentation significative du recours aux inhibiteurs du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRA), de 72,4% à 82,3% (p<0,001). Les autres traitements étaient restés globalement stables (bêta-bloquants (BB) de 92,2% à 91,7%, antiagrégants plaquettaires stables à 99,6%, statines de 97,7% à 97,9%). Cependant, l’adaptation de ces différents traitements (nature, posologie..) a concerné 36,3% et 32,1% des patients respectivement pour les anti-SRA et BB et 9,5% des cas pour les autres bradycardisants.

Sur le plan des capacités cardiorespiratoires, la fréquence cardiaque de réserve et la capacité cardiorespiratoire d’effort ont respectivement progressé de 33,2% et 24,8% (p<0,001). Elles ont ensuite été analysées en fonction de l’adaptation thérapeutique envisagée (groupe I : médication inchangée, II : modification des bêta-bloquants et autres bradycardisants, III : modification des anti-SRA, IV : modifications des deux classes thérapeutiques). Cette analyse a montré que si des différences de performances existaient en début de prise en charge entre les différents groupes, l’association entre le réentraînement et les modifications thérapeutiques a abouti à une amélioration des capacités à l’effort, similaires en fin de réadaptation dans chacun d’entre eux.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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