Prolongation du pass, vaccination, suspensions... Le point sur l’actualité COVID

Aude Lecrubier

22 octobre 2021

France — Dans l’hexagone, l’épidémie de Covid-19 semble sous contrôle même si la propagation du virus continue d’augmenter légèrement avec un taux de reproduction du virus (Rt) en hausse pour la troisième semaine consécutive. Pour tenter d’endiguer ce soubresaut ou cette reprise épidémique, le gouvernement incite à accélérer l'administration des doses de rappel avec le vaccin Pfizer . Aussi, afin d'encourager la co-vaccination grippe-rappel Covid-19 chez les personnes les plus vulnérables, la campagne de vaccination contre la grippe a été avancée de quelques jours. Probablement en réponse à cette situation épidémique incertaine, dans la nuit du 20 au 21 octobre, a été voté à l’Assemblé la possibilité de prolonger le recours au pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 si la situation sanitaire le nécessite (74 voix pour vs 73 voix contre).

Alors que l’abandon du pass sanitaire ou celui des gestes barrières à court terme ne semblent pas envisagés par le gouvernement, le ministère de la santé a communiqué à la presse les dernières données concernant l’avancée de la vaccination, l’administration des doses de rappel et la suspension des professionnels de santé non vaccinés. Bilan à la mi-octobre.

Qui n’est pas vacciné ?

Au 21 octobre, 50 980 290 personnes ont reçu au moins une injection (soit 75,6% de la population totale) et 49 715 291 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet (soit 73,7% de la population totale). Les personnes éligibles à la vaccination sont vaccinées à un peu plus de 88 %. Soit 7,2 millions des personnes encore éligibles qui n’étaient pas complètement vaccinées au 17 octobre avec la répartition suivante pas classe d’âge :

-1,3 million des 12-17 ans ;

-1,7 millions des 18-34 ans ;

-1,7 millions des 35-49 ans ;

-1,2 millions des 50-64 ans (91% sont primo vaccinées) ;

-0,8 million des 65-79 ans (91 % sont primo vaccinées) ;

-0,5 million des plus de 80 ans (87% sont primo vaccinées).

Concernant les personnels de santé non-vaccinés, on estime que 15 000 salariés sur 2,7 millions de personnes ont été suspendus, selon une enquête du ministère. Aussi, 17 % des établissements ayant répondu à l’enquête ont déclaré au moins une levée de suspension dans le secteur sanitaire et 3 % dans le secteur médico-social.

Quid de la vaccination des enfants ? Pfizer a déposé une demande d’AMM à l’EMA le 15 octobre. Et, alors que cette vaccination des plus jeunes n’était pas à l’ordre du jour, il y a encore peu, en France, le gouvernement semble désormais ouvrir la porte. « Si tous les feux réglementaires sont au vert, on devrait pouvoir disposer de doses en formulation pédiatrique Pfizer d’ici la fin de l’année », a précisé le ministère de la santé.

Concernant les personnels de santé non-vaccinés, on estime que 15 000 salariés sur 2,7 millions de personnes ont été suspendus.

La ville prend le relais

Si les centres de vaccinations restent encore les plus gros administrateurs de doses de vaccins, la vaccination en ville monte en puissance. Alors qu’au pic de la campagne de vaccination 1645 centres étaient actifs (+ de 100 injections/semaine), aujourd’hui ils ne sont plus que 925.

« Aussi, il y a une forte augmentation des injections de vaccin Pfizer en ville qui illustre la dynamique de la campagne qui a vocation à plus mobiliser les effecteurs de la ville », indique le ministère. A ce jour, pour les vaccins Moderna et Pfizer, 175 000 injections ont été effectuées par les pharmaciens (80 % d’utilisation des doses reçues), 98 000 par les médecins (60% des doses reçues), 26 000 par les infirmier.es libérales (35% des doses reçues).

A ce stade, la répartition des injections entre la ville et les centres de vaccination, la semaine du 11 octobre, était de 32 % des injections réalisées en ville par 30 000 effecteurs versus 68% en centres de vaccinations.

Quel pourcentage d’utilisation des vaccins ?

 

Depuis le début de la campagne vaccinale anti-Covid, 83% des vaccins Pfizer reçus ont été utilisés , 42% des vaccins Moderna reçus (indicateur en baisse) et 38% des vaccins Janssen (le vaccin d’AstraZeneca n’a pas été comptabilisé).

Les surplus ont vocation à être donnés. A la mi-octobre, 35 millions de doses ont été cédées dont plus de 90 % via le dispositif Covax. Parmi ces doses, 14,3 millions de doses ont déjà été livrées. « Nous sommes désormais capables de donner du vaccin AstraZeneca, du vaccin Janssen, du vaccin Pfizer et dans les semaines à venir nous pourrons donner du vaccin Moderna. Nous sommes en voie d’atteindre les objectifs de 60 millions fixé par le président de la République à la fin de l’année 2021 », a rapporté le ministère.

Si les centres de vaccinations restent encore les plus gros administrateurs de doses de vaccins, la vaccination en ville monte en puissance.

Accélération de la campagne de rappel

Où en est la campagne de rappel ? Au 17 octobre, 34 % de la population éligible a reçu une troisième dose de vaccin ARN (20% de Moderna et 80% de Pfizer), sachant que depuis le 15 octobre, seuls les vaccins Pfizer sont autorisés pour le rappel (en attendant l’avis de l’EMA pour le vaccin Moderna). Ce taux de 34 % correspond à 2 millions de rappels effectués :  278 000 en EHPAD et USLD, un peu moins de 500 000 en ville et un peu moins de 1,2 millions d’injections en centres de vaccination. Mais, la dynamique de cette campagne de rappel s’accélère. « La semaine dernière a été la meilleure semaine de la campagne de rappel. Et les perspectives restent positives avec 27% de rendez-vous de plus pris le vendredi 15 octobre par rapport au vendredi d’avant et 43 % de plus qu’une semaine plus tôt pour le week-end du 16/17 octobre », précise le ministère de la santé. A noter qu’au 10 octobre, 4,5 millions de personnes étaient éligibles au rappel, qu’au 17 octobre, elles étaient de 5,9 millions et que d’ici la fin de cette semaine, elles seront 6,8 millions.

A ce stade, la dose de rappel n’est que recommandée mais « des réflexions sont en cours sur la possibilité de l’ajouter dans le pass sanitaire », a souligné le ministère.

Extension des personnes éligibles au rappel

 

Pour mémoire, sont concernées par les rappels :

1) 4 semaines après la dernière injection du schéma initial, les personnes qui ont reçu une dose de vaccin Janssen. Or, au 17 octobre, seules 18,1% des personnes éligibles au rappel de Janssen avaient reçu leur deuxième dose. Un indicateur jugé « préoccupant » par le ministère.

2) 6 mois après la dernière injection du schéma initial par les vaccins AstraZeneca, Pfizer et Moderna, sont concernés par les rappels :

-les résidents en EHPAD et USLD ;

-les personnes âgées de 65 ans et plus ;

-les personnes à très haut risque de forme grave ;

-les personnes qui présentent des pathologies à risque de forme grave et les personnes sévèrement immunodéprimées (pour cette dernière catégorie, le délai peut être raccourci à 3 mois);

-les professionnels de santé et l’ensemble des salariés du secteur de la santé et du secteur médico-social ;

-les aides à domicile qui interviennent auprès des personnes vulnérables ;

-les professionnels du transport sanitaire et les pompiers ;

-l’entourage adulte des personnes immunodéprimées.

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