5-FU ou capécitabine : des messages d’alerte dans les logiciels d’aide à la prescription ou à la dispensation

Fanny Le Brun

14 octobre 2021

France ― Les logiciels certifiés d’aide à la prescription ou à la dispensation doivent désormais intégrer un message d’alerte rappelant aux médecins et aux pharmaciens que la recherche d’un éventuel déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) est obligatoire pour permettre l’initiation d’un traitement par fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine) [1].

Dépistage du déficit en DPD obligatoire depuis 2018

Depuis plus de 2 ans, la prescription de chimiothérapies à base de 5-fluorouracile (5-FU) ou de capécitabine nécessite la recherche préalable systématique d’un déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), une enzyme permettant la dégradation et l’élimination de ces médicaments. Ces chimiothérapies sont essentielles pour le traitement de nombreux cancers mais elles peuvent entraîner des toxicités sévères chez certains patients porteurs d’un déficit d’activité de cette enzyme.

La recherche d’un déficit en DPD se fait par dosage du taux d’uracile sanguin. Le médecin doit mentionner sur l’ordonnance de prescription de 5-FU ou capécitabine « Résultats uracilémie pris en compte » et le pharmacien doit s’assurer de la présence de cette mention avant toute dispensation.

Des messages d’alerte pour les médecins et pharmaciens

Afin de s’assurer que ce dosage est bien réalisé, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d’annoncer que les logiciels certifiés d’aide à la prescription ou à la dispensation doivent désormais intégrer un message d’alerte rappelant aux médecins et aux pharmaciens que la recherche de ce déficit est obligatoire pour permettre l’initiation d’un traitement par ce type de chimiothérapies. Ces messages automatiques ciblés ont pour objectif d’améliorer les pratiques. En effet, pendant l’année 2020, aucun cas d’effet indésirable grave n’a été rapporté chez les patients testés et présentant un déficit total en DPD. En revanche, deux signalements d’effets indésirables graves, attribuables à une toxicité sévère typique de ces chimiothérapies, ont été rapportés chez des patients traités par capécitabine et chez qui la recherche préalable d’un déficit en DPD n’avait pas été réalisée.

On peut tout de même noter qu’une augmentation importante du nombre de tests de dépistage a été observée, passant d'environ 6 500 tests annuels avant février 2018 à 60 000 en 2019.

Un antidote disponible

Il est important de rappeler que Vistogard (uridine triacétate) est un antidote utilisé dans un contexte de surdosage accidentel en 5-FU ou capécitabine et qu’il bénéficie depuis 2019 d’un stock sur le territoire européen. Les pharmacies hospitalières peuvent en commander au moins une unité d’avance.

 

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