Pollution atmosphérique : le confinement aurait permis une baisse significative des décès

Caroline Guignot

Auteurs et déclarations

13 octobre 2021

France – Au printemps 2020, la mise à l’arrêt du pays par le confinement a conduit à une chute de la pollution, notamment dans les grandes villes. Une modélisation laisse penser que 2 300 décès ont été évités du fait de la diminution des principaux polluants atmosphériques.

Chute de la pollution : quel impact sur la mortalité ?

Au printemps 2020, la mise à l’arrêt du pays par le confinement a conduit à une chute de la concentration des polluants atmosphériques. Les données de qualité de l’air recueillies à l’époque ont montré que les concentrations moyennes en NO2 avaient particulièrement chuté, ainsi que celles en particules fines (PM 10 et PM 2,5) dans une moindre mesure. Mais la relative brièveté du phénomène s’est-elle traduite par un changement de l’état de santé de la population ?

Pour le savoir, des chercheurs ont utilisé une méthode d’évaluation quantitative d’impact sur la santé (EQIS) préalablement établie et validée. Ils ont ainsi pu estimer dans quelle mesure les modifications des principaux polluants atmosphériques ont pu impacter la mortalité dans la population française à court terme (du 16 mars au 22 juin 2020, comportant une période de confinement strict et une période de déconfinement progressif) ou à plus long terme (1er juillet 2019 au 30 juin 2020). Leur travail vient d’être publié dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de septembre 2021 [1].

2 300 décès évités

Ainsi, durant la période de confinement strict, les réductions en NO2 et PM 10 observées (soit en moyenne 44,7% et 12,5% respectivement) ont permis d’abaisser la mortalité de 0,3% et 0,08% de la mortalité totale annuelle – la moitié de ces décès concernant des agglomérations de plus de 100 000 habitants. Au cours du déconfinement progressif, la baisse des polluants a été moins importante mais elle a toutefois conduit à une diminution de 0,1% et 0,01% de la mortalité totale annuelle.

A plus long terme, le pourcentage de réduction moyenne était de 2,4% et 7,8% respectivement pour les PM 2,5 et le NO2, se traduisant par une baisse de 0,4% et 0,2% de la mortalité totale annuelle.

Malgré les limites de cette modélisation, on peut penser que 2 300 décès ont été évités du fait de la diminution des principaux polluants atmosphériques. Cela s’expliquerait principalement par un bénéfice s’étalant sur l’ensemble de l’année plutôt par des effets ponctuels, liés à des décompensations de pathologies préexistantes. Ceci souligne que des mesures publiques concernant la maîtrise de la pollution atmosphérique peuvent se traduire par un bénéfice sanitaire dans un délai relativement court.

 
Ceci souligne que des mesures publiques concernant la maîtrise de la pollution atmosphérique peuvent se traduire par un bénéfice sanitaire dans un délai relativement court.
 

Les auteurs indiquent, dans le même travail, que l’impact à long terme de la pollution sur la mortalité française serait de 40 000 décès annuels environ pour les PM 2,5 et 7000 décès attribuables au NO2. Les enjeux sont donc loin d’être négligeables.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, du groupe Medscape.

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