COVID-19. De quoi être optimiste ?

Serge Cannasse

Auteurs et déclarations

23 septembre 2021

France--A priori, les indicateurs de l’épidémie de COVID-19 sont rassurants. Par exemple, le nombre de lits d’hospitalisations affectés aux malades touchés est passé sous la barre des 10.000. Celui des lits de réanimation devrait passer en-dessous de 1.000 début octobre. Les récentes projections de l’Institut Pasteur sont encourageantes, avec une capacité hospitalière pas trop dégradée si le R effectif (nombre de reproduction) ne baissait que de 20%. Il était autour de 0,75 dans la première semaine de septembre et devrait s’y maintenir. Pour les modélisateurs de CovidTracker, la tendance est donc bonne et devrait le rester pour au moins les trois semaines suivant la mi-septembre.

Faut-il dès lors suivre l’exemple du Danemark, qui a levé l’ensemble des mesures barrières, avec un taux de vaccination qui devrait atteindre 78% de la population, taux espéré pour la France à la mi-novembre ? Pour les auteurs de CovidTracker, il convient de rester prudent.

Dans certains pays fortement vaccinés (Royaume Uni, Israël), il y a eu une augmentation des cas, même s’ils donnent moins de formes sévères qu’avant la vaccination. Le froid arrive, et en conséquence une augmentation des interactions sociales dans des lieux clos. Les vaccins semblent perdre de leur efficacité avec le temps. Le rôle des asymptomatiques dans l’immunité collective reste méconnu, ainsi que le degré de ralentissement de l’épidémie apporté par les vaccins. L’arrivée d’un nouveau variant n’est pas à exclure … La comparaison avec les vagues précédentes est rendue difficile par la contagiosité accrue du variant Delta.

Cela fait beaucoup de paramètres pour permettre une modélisation fiable à moyen terme. Pour l’instant, nous avons quelques éléments d’inquiétude, mais aussi de quoi se rassurer. Comme l’indique l’un des auteurs, « les simulations Pasteur sur le variant Delta (R0=4 : tout va bien, à R0=5 : problèmes en vue), correspondent à une vitesse de propagation de R effectif comprise entre 1,6 et 2 si nous étions sur la souche historique de 2020. Or, passé le confinement de Mars 2020, nous n’avons jamais atteint ces valeurs sur la souche historique, même avant le confinement de Novembre 2020. De quoi être optimiste, donc ». Mais pas de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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