Fin des ECNi : le décret enfin sorti

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

20 septembre 2021

Paris, France — « Le décret #R2C est enfin sorti ! », s'est réjoui l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), le 8 septembre dernier, sur le réseau social Twitter. Il signe la fin des ECNi, et l'arrivée des épreuves d'évaluation des connaissances (ED) et des examens cliniques objectifs structurés (ECOS).

Finies les ECNi !

Le décret du « 7 septembre 2021 relatif à l'accès au troisième cycle des études de médecine » entérine la fin des épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) et trace les grandes lignes de la réforme du deuxième cycle des études médicales. Annoncée en 2018 lors du congrès de l'Anemf, inscrite dans la loi de transformation de notre système de santé, la réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C) a été repoussée, dans sa mise en œuvre, d'un an, du fait de la pandémie de Covid-19. De fait, cette réforme sera effective dès la rentrée 2021, pour les « étudiants accédant à la première année du deuxième cycle des études de médecine ». Finies les épreuves classantes nationales informatisées, qui laissent place nette aux épreuves d'évaluation des connaissances (ED) et aux examens cliniques objectifs structurés (ECOS). Autre nouveauté : la prise en compte du parcours de formation et du projet professionnel, avant l'affectation dans une spécialité et une subdivision territoriale.

Trois étapes

Dans le détail, l'accès au troisième cycle des études médicales, tel que le définit le décret, se décompose en trois étapes.

Les ED

Premier de ces paliers, les épreuves nationales d'évaluation des connaissances qui se déroulent sous forme d'épreuves dématérialisée (ED). Ces ED sont ouvertes aux étudiants ayant validé la deuxième année du deuxième cycle des études médicales. Elles donnent lieu à l'obtention d'une note minimale définie par un seuil. Ces ED sont réparties en deux groupes :

  • les connaissances de rang A qui doivent être maitrisées pour permettre à l'étudiant de passer en 3e cycle ;

  • les connaissances de rang B, qui correspondent à des connaissances plus spécifiques à chacune des spécialités.

La note obtenue aux connaissances de rang A permet de passer à la deuxième série d'épreuves, les examens cliniques objectifs structurés (ECOS), tandis que la note obtenue aux connaissances de rang B sera prise en compte lors de la procédure d'appariement, qui permettra d'affecter les étudiants dans les spécialités et les subdivisions territoriales. Une première session d'examen est organisée, puis une deuxième pour les étudiants qui auraient raté la première. « Les conditions dans lesquelles un étudiant est autorisé à renouveler sa participation aux épreuves dématérialisées au-delà de ces deux sessions sont fixées par arrêté conjoint des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé et du ministre de la défense », précise le décret.

Les ECOS

Les ECOS sont organisés au cours de la troisième année du deuxième cycle des études médicales. Elles permettent d'évaluer la mise en œuvre pratique des connaissances assimilées lors du deuxième cycle. Elles correspondent à une « succession de mises en situations mises en œuvre à partir d'une liste définie nationalement ». À l'instar des ED de rang B, les ECOS donnent lieu à une note, qui permet de participer à la procédure nationale d'appariement. Les ECOS sont organisés dans chaque université sous la responsabilité d'un coordonateur local. L'Anemf précise qu'elle a obtenu que « pour chaque station d'ECOS, un évaluateur sur deux serait issu d'une autre fac » que celle des carabins.

Le Conseil scientifique de médecine

Qui préparera les épreuves dématérialisées et sélectionnera les situations cliniques qui figureront dans le parcours des ECOS ? Un conseil scientifique de médecine, lequel sera composé de personnels enseignants et hospitaliers appartenant au conseil national des universités (CNU). « Un arrêté conjoint des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé et du ministre de la défense précise la composition du conseil scientifique de médecine, ses missions et ses modalités d'organisation et de fonctionnement », indique le décret.

L'appariement

La troisième étape de l'entrée dans le troisième cycle des études médicales est la procédure d'appariement. Les étudiants formulent des vœux quant à leurs futures spécialités et subdivisions territoriales, accompagnés des éléments du dossier d'appariement, qui comprend les notes obtenues aux épreuves dématérialisées ainsi qu'aux ECOS. Des points de valorisation sont aussi attribués à l'étudiant en fonction de son parcours de formation et de son projet professionnel. Le décret précise que les notes obtenues sont pondérées selon les vœux des spécialités choisies par l'étudiant, et ce, pour « l'orienter vers une spécialité en adéquation avec les compétences acquises, ses aptitudes pour cette spécialité ou un groupe de spécialités et les vœux de spécialités formulés ». La situation de handicap de l'étudiant est également prise en compte. Le calendrier de mise en place de la procédure d'appariement sera précisé ultérieurement à l'occasion de la publication d'un arrêté.

Le quota du nombre d'étudiants de troisième cycle est fixé chaque année, par les ministres de la santé et de l'enseignement supérieur, « en fonction de la situation de la démographie médicale dans les différentes spécialités, des besoins de santé des territoires et des besoins prévisionnels du système de santé ainsi que des capacités de formation en stage et hors stage ».

Satisfait de la sortie de ce décret, l'Anemf réclame maintenant la sortie officielle de la grille de parcours (lequel parcours permet d'obtenir des points supplémentaires), celle des textes restants, le suivi local et national de l'application de la réforme, ainsi que la sortie officielle des spécialités amies.

 

Image de Une : Getty Images

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