COVID-19 : en cas d’infection antérieure, les taux d’anticorps atteignent un pic après une dose de vaccin

Liz Scherer

16 août 2021

Chicago, Etats-Unis – Une étude montre que les personnes ayant un antécédent d’infection au coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) présentent des taux d’anticorps élevés après une seule dose du vaccin BNT162b2 de Pfizer/BioNTech. Les taux sont plus élevés que ceux observés après 2 doses chez les personnes sans antécédent d’infection au SARS-CoV-2. Ces résultats ont été publiés dans le JAMA Network Open[1].

Quelle production d’IgG en cas d’infection préalable ?

Le vaccin SARS-CoV-2 à ARNm de Pfizer/BioNTech a démontré une efficacité de 95% après 2 doses pendant les essais cliniques. Mais il a été rapporté que des individus avec une infection antérieure par SARS-CoV-2 présenterait un taux d’anticorps plus élevé après 1 dose que chez les personnes n’ayant pas fait l’infection. De fait, les personnes ayant déjà fait l’infection seraient suffisamment protégées d’une potentielle ré-infection après une seule dose de vaccin à ARNm, ce qui libèrerait des millions de doses. C’est pourquoi les auteurs ont évalué les taux d’Ig G dirigés contre la protéine Spike du virus après 1 ou 2 doses du vaccin Pfizer chez des individus précédemment infectés comparé à des individus qui n’avaient pas été infectés.  

L’étude observationnelle prospective menée dans un centre médical universitaire à Chicago a inclus 59 patients de moyenne d’âge : 42 ans dont 49 % de patients d’origine ethnique blanche et 73 % de femmes.

  • Les numérations d’immunoglobulines G (IgG) après 1 dose de vaccin, en unités arbitraires par millilitre ont été de :

    • 1 822 (IC à 95 % : 1 266–2 377) en l’absence d’antécédent d’infection au SARS-CoV-2, contre

    • 30 173 (IC à 95 % : 15 571–44 775) en présence d’un antécédent d’infection au SARS-CoV-2.

  • Les numérations d’IgG après la dose 2 du vaccin étaient de :

    • 15 005 (IC à 95 % : 12 533–17 476) en l’absence d’antécédent d’infection au SARS-CoV-2, contre

    • 36 600 (IC à 95 % : 19 563–53 637) en présence d’un antécédent d’infection au SARS-CoV-2.

  • Différences moyennes concernant les IgG entre les doses 1 et 2 :

    • 13 183 en l’absence d’une infection antérieure (P < 0,001) ;

    • 6 427 en présence d’une infection antérieure (P = 0,56).

  • Différences moyennes concernant les IgG après la dose 2 du vaccin chez les personnes n’ayant pas d’antécédent d’infection au SARS-CoV-2, par rapport aux moments suivants :

    • après l’administration de la dose 1 chez les personnes ayant présenté une infection antérieure :15 168 (P = 0,03) ;

    • après l’administration de la dose 2 chez les personnes ayant présenté une infection antérieure :21 595 (P = 0,009).

Quatre personnes ayant des antécédents d’infection ont été testées positives au test par PCR, mais n’ont pas développé d’anticorps. Leur réponse vaccinale était similaire à celle des personnes n’ayant pas d’antécédents d’infection au SARS-CoV-2.

Pour les chercheurs, l’étude suggère la possibilité qu’une seule dose de vaccin de Pfizer/BioNTech soit suffisante pour les personnes ayant un antécédent d’infection au SARS-CoV-2.

L’étude a été financée par Abbott Laboratories et plusieurs des auteurs sont des salariés d’Abbott.

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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