Lupus érythémateux disséminé : la FDA autorise l'anifrolumab

Heidi Splete

Auteurs et déclarations

13 août 2021

Etats-Unis – L'anifrolumab, un inhibiteur de l'interféron de type 1, vient d'être approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) chez les adultes atteints d'une forme modérée à sévère de lupus érythémateux disséminé recevant le traitement standard. Cela faisait dix ans qu'une nouvelle molécule n'avait pas été approuvée dans le traitement du lupus, a indiqué AstraZeneca dans un communiqué.

Anticorps monoclonal humain

L'anifrolumab, qui sera commercialisé sous le nom de Saphnelo, est un anticorps monoclonal humain dirigé contre la sous-unité 1 du récepteur de l'interféron de type 1(IFN1). La posologie est de 300 mg délivrés sous forme de perfusion en IV pendant 30 minutes toutes les quatre semaines. Il sera vendu sous forme d'une fiole de 2 ml contenant une dose de 300 mg (150 mg/ml).

Une augmentation de l'activité de l'IFN 1 est associée à une augmentation de l'activité de la maladie chez les patients avec un lupus érythémateux disséminé. Recourir à un antagoniste du récepteur de l'IFN1 pourrait permettre de diminuer les corticostéroïdes, d’après le communiqué.

T ULIP-1 et TULIP-2

La décision de la FDA s'est fondée sur les données de trois essais. La phase 3 de TULIP (Treatment of Uncontrolled Lupus via the Interferon Pathway) comprenait deux essais contrôlés randomisés en double aveugle contre placebo, TULIP-1  et TULIP-2 . Les essais TULIP ont inclus des patients avec une maladie active modérée à sévère malgré la thérapie standard (standard of care ou SOC), incluant des corticostéroïdes oraux, des antipaludéens et des immunosuppresseurs (méthotrexate, azathioprine, ou du mycophénolate mofétil). Tous les patients remplissaient les critères de l'American College of Rheumatology. Ils avaient un index d'activité de leur maladie (SLE Disease Activity Index ou SLEDAI-2K) de 6 ou plus. Tous les patients avaient un BILAG A (British Isles Lupus Assessment Group) dans au moins un organe ou BILAG B dans au moins deux organes.

Les patients poursuivaient un traitement SOC tout au long de l'étude, sauf pour les tentatives requises de désescalade des corticostéroïdes oraux pour ceux qui recevaient 10 mg/jour ou plus de prednisone ou son équivalent au début de l'étude.

Si TULIP-1 n'a pas atteint son critère d'évaluation primaire du SRI (SLE Responder Index) à 52 semaines, les investigateurs ont déterminé après l'essai que certains patients du bras anifrolumab avaient été considérés de façon inappropriée comme non-répondeurs. De fait, l'essai classait automatiquement les patients comme non-répondeurs s'ils avaient pris un médicament sous prescription, dont les AINS, même si leur usage n'avait rien à voir avec le lupus.

Quand ces règles ont été modifiées dans l'analyse post-hoc, les différences entre le groupe traité avec l'anifrolumab et le groupe placebo ont été étendues aux critères d'évaluation secondaires pour la réduction de doses de corticostéroïdes, la réponse CLASI (Cutaneous Lupus Erythematosus Disease Activity Severity Index ) et la réponse BILAG-Based Composite Lupus Assessment (BICLA).

TULIP-2 a inclus 362 patients lupiques qui ont reçu une dose de 300 mg d'anifrolumab ou de placebo en intraveineuse toutes les quatre semaines pendant 48 semaines. Dans cette étude, les patients traités avec l'anifrolumab ont eu une amélioration significative de l'activité de la maladie sur l'échelle BICLA, en comparaison avec le placebo. La réponse BICLA était de 47,8 % chez ces patients, contre 31,5% chez ceux traités avec le placebo (P=0,001).

Dans la phase 2 de l'essai MUSE, 305 patients adultes ont été randomisés pour être perfusés avec 300 mg ou 1000 mg d'anifrolumab ou de placebo toutes les quatre semaines, en plus de leur traitement standard, pendant 48 semaines. Les patients de cette étude ont eu une amélioration significative pour les deux doses, en comparaison au placebo.

Les résultats de MUSE ont été publiés en ligne dans Arthritis & Rheumatology (2016), ceux de TULIP-1 dans The Lancet Rheumatology  (2019) suivis par ceux de TULIP-2 dans le  New England Journal of Medicine (2020).

Demande d’AMM en Europe et au Japon

Les effets indésirables les plus fréquents dans les 3 études étaient la rhinopharyngite, l'infection des voies aériennes supérieures, la bronchite, des réactions liées à la perfusion, le zona et le rhume. Les réactions liées à la perfusion étaient similaires dans les bras anifrolumab et placebo, à savoir des maux de tête, nausées, vomissements, vertiges et de la fatigue.

L'anifrolumab n'a pas été évalué chez les patients avec un lupus actif et une atteinte rénale sévère ou avec des atteintes neurologiques centrales sévères. D'après le communiqué d’AstraZeneca, il n'est pas recommandé chez ces patients.

Le laboratoire précise, par ailleurs, que le dossier de l’anifrolumab a été soumis auprès des autorités réglementaires japonaises et européennes en vue d’une autorisation prochaine. Son évaluation se poursuit pour obtenir des données à long terme et pour évaluer la possibilité d'une perfusion en sous-cutané. AstraZeneca indique également « explorer le potentiel du Saphnelo dans plusieurs pathologies pour lesquelles l'IFN1 joue un rôle important, tels que la néphrite lupique, le lupus érythémateux cutané et les myosites ».

 

L’article a été publié initialement sur Mdedge.com, groupe Medscape. Traduit/adapté par Marine Cygler

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....