Assistance médicale à la procréation: quelles mesures de prevention dans le contexte actuel?

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

12 août 2021

France – Quelles mesures de prévention appliquées dans le domaine de l’assistance médicale à la procréation (AMP) en période de circulation du virus SARS-CoV-2 ? Interrogé sur ce point par la Direction générale de la santé (DGS), le Haut Conseil de Santé Publique a émis des recommandations [1].

Recommandations du HCSP

« Compte tenu des incertitudes initiales sur les modes de transmission du SARS-CoV-2, du caractère émergent du Covid-19 et du manque de données sur son évolution à long terme, les mesures de sécurité ou de prévention préconisées initialement par l’Agence de la Biomédecine (ABM) pour les personnes souhaitant recourir à l’AMP ainsi que pour les dons de gamètes, embryons et tissus germinaux, devaient être réévaluées en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques mais également de la progression de la couverture vaccinale de la population contre ce virus » considère le HCSP.

Au regard des données de la littérature sur les risques potentiels de contaminations des gamètes par le SARS-CoV-2, sur les issues de grossesses des femmes infectées par ce virus et sur les risques pour le fœtus et le nouveau-né, et des données disponibles sur la vaccination anti-SARS-CoV-2 au cours de la grossesse, le HCSP recommande :

  • de renseigner un questionnaire sur le risque lié au SARS-CoV-2 à chaque étape du processus d’AMP, même pour les patients qui ont bénéficié d’un schéma vaccinal complet ;

  • de ne réaliser aucun test de dépistage du SARS-CoV-2 en amont du don de spermatozoïdes sous réserve que le donneur soit asymptomatique lors du don et qu’il ne soit pas cas-contact récent (moins de 15 jours) d’un sujet infecté, à l’instar des dons d’ovocytes ;

  • de ne pas réaliser de PCR systématique avant une préservation de la fertilité, sous réserve que le patient soit asymptomatique et qu’il ne soit pas cas-contact récent ;

  • de poursuivre les mesures barrières (masque, hygiène des mains …), la distanciation physique et les bonnes pratiques de laboratoire mises en place par l’ABM à l’occasion de la pandémie de Covid-19.

Le HCSP rappelle qu’« à ce jour, il n’existe aucune démonstration de transmission du SARS-CoV-2 lors des techniques d’AMP, contrairement à ce qui a pu être observé pour d’autres virus (VIH, virus des hépatites, virus Zika, …), Les mesures actuellement préconisées en contexte de Covid-19 relèvent exclusivement du principe de précaution».

Le HCSP a également été sollicité pour émettre un avis, en partenariat avec la Haute Autorité de Santé, sur la vaccination des personnes ayant recours à l’AMP. Il recommande :

  • d’inciter fortement les personnes en demande d’AMP à se faire vacciner contre le SARS-CoV-2 en respectant un délai d’une semaine entre l’injection de la deuxième dose et l’initiation d’une AMP, ainsi que les donneurs de gamètes ; mais de préciser qu’ «en revanche, dans l’état actuel de la législation française, le recours à l’AMP ne peut être refusé à un couple dont l’un ou les deux membres refusent de se soumettre à cette très forte injonction»

Ces recommandations, élaborées sur la base des connaissances disponibles à la date de publication de cet avis, peuvent évoluer en fonction de l’actualisation des connaissances et des données épidémiologiques, précise le groupe d’experts.

 

Crédit photo : Getty images

 

 

 

 

 

 

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