Anosmies persistantes liées au SARS-CoV-2 : résultats français à 1 an

Nathalie Barrès

Auteurs et déclarations

4 août 2021

Lyon, France – Dès le début de l’épidémie de Covid-19, deux chercheurs français de l’Université Claude Bernard de Lyon 1, spécialistes en plasticité de la perception olfactive chez l’être humain, se sont rapidement enquis d’évaluer les caractéristiques des troubles olfactifs liés à l’infection par le SARS-CoV-2 et à leur impact sur la qualité de vie des sujets concernés. L’analyse intermédiaire des données recueillies entre le 8 avril 2020 et le 13 janvier 2021 vient d’être publiée. [1].

L’anosmie n’est pas le seul symptôme>

L’anosmie est vite apparue comme l’un des symptômes les plus fréquents et spécifiques de l’infection par SARS-CoV-2. Dès avril 2020, des chercheurs lyonnais ont lancé une enquête, disponible en ligne à toutes les personnes qui souffrent d’un trouble de l’odorat en lien ou non avec l’infection par SARS-CoV-2. Au total, 3 111 participants (78% de femmes) ayant déclaré des troubles olfactifs avaient reçu un diagnostic de Covid-19. Les résultats des analyses préliminaires concernant ces sujets soulignent que :

  • L’anosmie (perte de l’odorat) n’est pas le seul symptôme. Un tiers des répondeurs évoquent des phénomènes de fantosmie (hallucinations olfactives) et la moitié de parosmie (distorsions des odeurs). Un peu plus d’un sujet sur quatre a déclaré cumuler les deux phénomènes.

  • Les troubles de l’odorat ont été associés à des troubles du goût chez 71% des individus.

  • Environ un sujet sur cinq a déclaré avoir récupéré ses capacités olfactives en moyenne dans les 16 jours après le début de l’infection.

  • Près de la moitié des participants déclaraient avoir toujours des troubles olfactifs 1 à 10 mois après l’infection.

  • Les femmes et les personnes âgées semblaient avoir plus de risque de voir ces symptômes olfactifs persister dans le temps.

  • La qualité de vie des personnes ayant des troubles olfactifs liés à l’infection par SARS-CoV-2 est globalement altérée. Ces troubles impactent notamment les relations sociales via les odeurs des repas, les odeurs corporelles, ainsi que l’exposition à certains accidents domestiques.

Que se passe-t-il entre le virus et l’odorat ?

Le SARS-CoV-2 se fixe aux récepteurs ACE2 particulièrement présents sur les cellules de soutien de la muqueuse nasale porteuse des récepteurs olfactifs.

L’entrée du virus dans ces cellules conduit indirectement à la destruction des neurones olfactifs. Cependant, la muqueuse olfactive a une capacité de régénération à partir de cellules souches présentes dans les couches plus profondes de la muqueuse. La réorganisation de ces cellules un peu chaotique dans un premier temps pourrait expliquer la parosmie et la fantosmie.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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