Les non-vaccinés représentent près de 85% des entrées hospitalières

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

4 août 2021

France – Une étude de la Drees s’est penchée sur la répartition des entrées hospitalières selon le statut vaccinal durant la période du 31 mai au 11 juillet 2021, en s’intéressant à la présence ou non du variant delta [1]. Les résultats montrent que les non-vaccinés représentaient près de 85 % des entrées hospitalières, que ce soit en hospitalisation conventionnelle ou en soins critiques.

Appariement de 3 bases de données

En termes de méthodologie, les résultats sont issus de l’exploitation des appariements entre 3 bases de données:

  • Sivic, base de données sur les hospitalisations conventionnelles ou en soins critiques (réanimation, soins intensifs et soins continus) de patients hospitalisés pour ((Covid))) ou positifs au test Covid-19,

  • Sidep, base de données sur les résultats des tests Covid-19,

  • Vacsi, base de données sur les vaccinations Covid-19.

Un éclairage supplémentaire est fourni sur le statut vaccinal des patients identifiés comme présentant la mutation L452R, indicatrice du variant delta sachant que «le criblage des RT-PCR positives, pourtant obligatoire, n’est pas systématique » indique la Drees et que le taux de criblage des RT-PCR positives a augmenté durant la période d’étude, de 26 % le 31 mai à 77 % le 11 juillet.

Tous les vaccins disponibles en France (monodose et double dose) ont été pris en compte, de même les vaccinations avec et sans antécédents de Covid ont fait l’objet d’un codage.

1ère conclusion: Les non-vaccinés représentent près de 85 % des entrées hospitalières, que ce soit en hospitalisation conventionnelle ou en soins critiques. Ce pourcentage est du même niveau que la part des personnes non vaccinées parmi les tests RT-PCR positifs sur la période. Il est, en revanche, presque deux fois plus élevé que le taux des personnes non vaccinées en population générale (45 %) en moyenne durant la période d’étude.

A l’inverse, les patients complètement vaccinés comptent pour environ 7 % des admissions, une proportion cinq fois plus faible que celle observée en population générale (35 % en moyenne durant la période d’étude).

Pour les chercheurs de la Drees : «cela suggère que la protection apportée par la vaccination est forte, mais qu’elle est de même ampleur face au risque de développer un cas de maladie, qu’il soit grave (nécessitant une hospitalisation) ou non (ne donnant pas lieu à hospitalisation) ». Toutefois, précisent-ils : il s’agit d’une conclusion «provisoire», car établie sur une période d’observation avec un nombre d’entrées hospitalières «relativement faible».

2ème conclusion: La part des patients présentant la mutation L452R (représentative du variant Delta) apparaît un peu plus élevée parmi les admissions en soins critiques que parmi les entrées en hospitalisation conventionnelle et parmi le nombre des tests positifs (20 % contre 15%), suggérant – malgré la faiblesse des effectifs observés – que le variant Delta génère une proportion un peu plus élevée de cas graves.

Néanmoins, difficile à ce stade de conclure à un effet protecteur de la vaccination significativement différent pour la mutation Delta compte tenu des très faibles effectifs de patients hospitalisés qui ont été atteint par le virus présentant la mutation L452R sur la période, prévient la Drees.

3ème conclusion: Pour toutes les classes d’âge, la part de patients vaccinés entrant à l’hôpital est nettement inférieure à celle qu’ils représentent dans l’ensemble de la population: les patients non vaccinés représentent 93 % des entrées en hospitalisation conventionnelle entre le 31 mai et le 11 juillet 2021 pour les patients de 30 à 40 ans alors qu’en moyenne durant cette période, 59 % des résidents français de cette tranche d’âge n’étaient pas vaccinés.

Si l’on s’attache plus spécialement à la population des plus âgés, les personnes complètement vaccinées représentaient 13 % des personnes de 70 à 80 ans admises en soins critiques ou en hospitalisation conventionnelle entre le 31 mai et le 11 juillet 2021 alors qu’elles représentent 68 % des résidents français de cette tranche d’âge.

Enfin, 78 % des décès à l’hôpital de patients atteints de Covid ont concerné des personnes non vaccinées, alors que 11 % concernaient des personnes complètement vaccinées.

 
Entre 90 et 95% de ceux qui développent une forme grave n'ont reçu aucune dose. Dr Véronique Ramonda
 

Et aujourd’hui ?

Quelques 3 semaines après la réalisation de cette étude, alors que les infections remontent en flèche, qu’en est-il du pourcentage de personnes vaccinées dans les réanimations. Au CHU de Martinique, le Dr Cyrille Chabartier, chef du service de réanimation, nous signalait il y a 5 jours qu’aucune personne hospitalisée dans son service n’était vaccinée. Même observation en Occitanie qui connait ces derniers jours un fort rebond de l’épidémie avec, au 30 juillet, 666 hospitalisations (+112 en plus) supplémentaires.  Point commun avec les nouveaux patients qui arrivent en réanimation à Purpan : l’absence de vaccination contre le Covid. « Entre 90 et 95% de ceux qui développent une forme grave n'ont reçu aucune dose», selon le Dr Véronique Ramonda, médecin dans ce service, relayée par France Bleu Toulouse. Par ailleurs, les 10 à 5% restants, qui arrivent en réanimation malgré leur vaccination, sont toutes, au CHU Purpan, des personnes immunodéprimées, précise-t-elle.

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