Cas clinique : jeu pathologique chez un jeune homme

Dr Guillaume Davido

Auteurs et déclarations

23 juillet 2021

Présentation

Vous êtes psychiatre de garde aux urgences et vous rencontrez pour la première fois un patient de 30 ans. L’infirmier d’accueil et d’orientation (IAO) vous informe que sa compagne a appelé les pompiers alors qu’elle l’avait retrouvé somnolent à son domicile et qu’il aurait fait une première tentative de suicide en ingérant des « comprimés » et de l’alcool.

Au cours de l’entretien, il vous dit qu’il a fait ce geste par désespoir, pleure beaucoup et vous semble très angoissé. D’ailleurs il vous dit « pleurer comme ça depuis des mois ». Lorsque vous lui demandez les raisons de son geste, il vous dit « qu’il avait trop de dettes et ne voyait plus de moyen de s’en sortir ». Il doit plus de 50 000 euros à la banque et de gros montant à des « amis ».

Issu d’une famille modeste, il vous raconte qu’à 24 ans il a commencé à jouer au poker entre amis et qu’il n’oubliera jamais avoir remporté le « jackpot » de 24 000 euros en jouant aux machines à sous 1 an plus tard : « grâce à ça, j’ai pu acheter ma première voiture de luxe ». Il a rapidement augmenté ses mises afin de « gagner encore plus », car il était « positif à l’époque... plus maintenant ».

Il joue désormais tous les jours sur son smartphone à des paris sportifs et à Candy Crush. « Avant, ça allait, j’arrivais à me maîtriser, je ne pariais que sur le foot, mais depuis 2018 je parie même la nuit sur les matchs de basket et de baseball à cause du décalage horaire avec les États-Unis. Le pire, c’est l’été lors des périodes de grandes compétitions sportives ».

Il a essayé de réduire les paris plusieurs fois sans succès ― « quand ce n’est pas les paris, c’est la roulette » ―et joue même de plus en plus gros dans le but « de se refaire ».

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