Français de l’étranger : le vaccin Janssen autorisé sans limite d’âge s’il n’existe pas d’alternative

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

14 juillet 2021

Paris, France – La Haute autorité de santé (HAS) considère que le vaccin à adénovirus Janssen (Johnson & Johnson)  peut être proposé par défaut aux Français de moins de 55 ans résidant à l’étranger « lorsqu'aucune autre alternative n'est accessible et que la circulation virale est élevée ». En revanche, en France, le vaccin Janssen reste réservé aux personnes de 55 ans ou plus.

S’il n’est pas possible d’avoir un accès rapide à un vaccin à ARNm dans le pays de résidence, le vaccin Janssen peut être envisagé chez les Français de moins de 55 ans, « dans le cadre d’une décision médicale partagée », après avoir informé sur les risques associés à ce vaccin, précise la HAS dans son avis[1].

L’information à apporter doit mentionner en particulier, « la survenue de très rares cas graves de syndrome de thromboses associées à une thrombocytopénie rapportés dans les 3 premières semaines suivant la vaccination, principalement chez les femmes âgées de moins de 50 ans ».

Quels effets secondaires ? Quelle efficacité contre le variant Delta ?

En France, la vaccination avec le vaccin Janssen a démarré le 24 avril 2021, avec une utilisation limitée aux adultes de 55 ans et plus, comme pour le vaccin Vaxzevria® (AstraZeneca). Les thromboses atypiques avec thrombopénie survenues dans le contexte de l’administration du vaccin Janssen aux Etats-Unis sont répertoriées comme des effets secondaires très rares, qui ont toutefois conduit à fixer cette limite d’âge.

En avril dernier, huit cas de thrombose atypiques (thrombophlébite cérébrale, thrombose de l’abdomen, thrombose veineuse splanchnique…) ont été recensés au Etats-Unis pour sept millions de personnes vaccinées. La majorité ont été observés chez des femmes de moins de 50 ans, ce qui a conduit la HAS à fixer une limite d’âge.

Lundi dernier, les autorités américaines ont également annoncé avoir identifié une centaine de cas de syndrome de Guillain-Barré après une immunisation par le vaccin de Johnson & Johnson sur un total de 12,5 millions de doses administrées. Concernant cette complication, ce sont les hommes et les personnes de plus de 50 ans qui semblent être les plus à risque.

Une autre interrogation porte sur l’efficacité du vaccin Janssen contre le variant Delta. Sur ce point, la HAS a publié un communiqué[2] qui indique qu’à cette heure « les données actuellement disponibles sont très encourageantes (pour le vaccin Janssen) (mais) elles sont à ce stade insuffisantes pour conclure formellement à la conservation de l'efficacité du vaccin sur le variant delta ».

Aussi, la HAS ne se prononce pas pour le moment sur la pertinence de recourir à un schéma vaccinal hétérologue consistant en une injection par vaccin Janssen suivie d’une injection par vaccin ARNm, là encore par manque de données.

Le vaccin Janssen a toutefois deux avantages majeurs qui le rendent plus adapté dans certaines situations, tel qu’un isolement géographique: seule une dose est nécessaire pour obtenir une réponse immunitaire suffisante et il est facile à conserver. Il peut en effet être maintenu pendant trois mois à une température réfrigérée classique.

Une limite d’âge maintenue en France

Après analyse des données de pharmacovigilance disponibles, notamment celles issues des Etats-Unis et en raison de la similitude entre les cas de syndrome thrombotique thrombocytopénique (STT) observés avec le vaccin Janssen et celui d’AstraZeneca, la HAS considère qu’il n’y a « pas d’arguments » pour reconsidérer le seuil d’âge dans l’utilisation du vaccin, « y compris pour atteindre les personnes éloignées du système de soins ».

En revanche, « lorsqu’aucune alternative n’est accessible et que la circulation virale est élevée », elle estime que l’accès des moins de 55 ans à ce vaccin peut être envisagé chez les Français de l’étranger. Dans un contexte qui amène à choisir entre vacciner avec le vaccin Janssen ou ne pas vacciner, il convient de « considérer le rapport bénéfice/risque individuel », souligne la Haute autorité.

Le vaccin à ARNm reste l’option à choisir en priorité dès que possible, « en particulier dans le contexte de la circulation de variant delta ». Le rapport bénéfice/risque individuel conduit également « à privilégier, comme c’est le cas en France et dans les territoires ultramarins, un vaccin à ARNm plutôt qu’un vaccin à adénovirus pour les personnes de moins de 55 ans ».

En France, au 10 juin 2021, plus de 419 000 injections ont été effectuées avec le vaccin Janssen chez des individus de plus de 55 ans. Jusqu’à présent, aucun cas de STT n’a été rapporté, note la HAS.

 

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