Infections invasives à méningocoques B : la HAS recommande la vaccination de tous les nourrissons

Fanny Le Brun

Auteurs et déclarations

28 juin 2021

France-- En France, les infections invasives à méningocoques (IIM) sont majoritairement liées aux méningocoques de sérogroupe B qui représentaient en moyenne 62% de l’ensemble des IIM de sérogroupe connu entre 2010 et 2016 versus 23% pour le sérogroupe C.

Dans le dernier calendrier vaccinal paru en avril 2021, la vaccination contre les IIM de sérogroupe B n’est recommandée que chez les personnes à risque élevé de contracter une infection invasive à méningocoques B et pour des populations ciblées dans le cadre de situations spécifiques (foyers de cas, épidémie, hyperendémie localisée). Désormais, la Haute autorité de santé (HAS) recommande la vaccination de tous les nourrissons contre ce type de méningocoques[1].

Pourquoi vacciner tous les nourrissons ?

Les IIM sont des infections transmissibles graves, qui peuvent être rapidement fatales et affectent plus particulièrement les nourrissons et les jeunes enfants. La létalité est comprise entre 9% et 12% et environ 6% des cas présentent des séquelles précoces. En 2019, chez les moins de 5 ans, 88 cas et 3 décès ont été enregistrés en France. C’est pourquoi la HAS recommande la vaccination de tous les nourrissons, même si la situation épidémiologique est incertaine : après une baisse constante des cas d’IIM de sérogroupe B entre 2006 et 2013, une stabilisation a été observée. En 2019, le taux de déclaration de ces infections était de 0,36 pour 100.000 habitants versus 0,60 pour 100.000 entre 2003 et 2011. En 2020, les mesures barrières mises en place contre l’épidémie de COVID-19 ont entraîné une importante baisse de l’incidence des IIM pour tous les sérogroupes, mais la reprise d’une vie sociale normale laisse présager une possible reprise épidémique de ces infections en France.

Cette nouvelle recommandation de vaccination généralisée des nourrissons contre les IIM B vise à favoriser une possible protection individuelle de tous les nourrissons et permet de lever la barrière financière, qui est l’une des sources d’inégalités d’accès à ce vaccin.

Quels vaccins sont disponibles ?

Le seul vaccin anti-méningococcique ciblant des souches pathogènes du sérogroupe B disponible en France pour le nourrisson est Bexsero®. Il est indiqué à partir de l’âge de 2 mois, avec un schéma vaccinal en 2 doses et une dose de rappel. 

Un autre vaccin, Trumenba®, est disponible contre les IIM du sérogroupe B, mais il n’est indiqué qu’à partir de l’âge de 10 ans.

D’après les données actuellement disponibles, le vaccin Bexsero® ne semble pas pouvoir permettre d’obtenir une immunité de groupe car il n’aurait pas d’impact sur le portage et donc sur la transmission des méningocoques du sérogroupe B. En revanche, les données « en vie réelle » montrent que le vaccin est efficace (entre 50% et 99%) et permet tout de même de réduire l’incidence des IIM du groupe B entre 60% et 80%. Quelques études suggèrent également une efficacité sur d’autres souches (notamment les souches W). La protection après vaccination semble prolongée au moins jusqu’à l’âge de 4 ans chez l’enfant.

On peut noter qu’aucun signal de sécurité n’a été mis en évidence dans les pays où la vaccination par Bexsero® est mise en place.

La HAS rappelle que « la vaccination des nourrissons n’exonère pas de mettre en place une chimioprophylaxie antibiotique pour les sujets contacts de cas sporadiques d’infections invasives à méningocoques B, qui reste le moyen le plus efficace de prévention de cas secondaires ».

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.
 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....