Le risque de FA n’est pas le même dans toutes les cardiomyopathies hypertrophiques

Caroline Guignot

22 juin 2021

France – L’analyse du registre français REMY met en évidence trois phénotypes différents dans la population de patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : chacun est associé à un profil clinique et sociodémographique distinct et est exposé à un risque de fibrillation atriale (FA) à 5 ans, et donc de morbimortalité associée, différent. Ces données pourraient permettre de développer des approches préventives pour les patients les plus à risque. L’étude a été publiée dans Clin Res Cardiol[1].

Identifier des sous-groupes de patients et le risque de FA qui leur est associé

La survenue de FA est un tournant dans l’histoire naturelle des CMH. On sait que la population des personnes souffrant de CMH est hétérogène et n’est pas exposée de la même façon au risque de développer une FA. Les facteurs de risque associés sont pourtant mal connus. Des chercheurs français ont conduit une analyse rétrospective à partir des données du registre REMY afin de mieux les appréhender.

REMY est un registre multicentrique mis en place en 2010 et qui vise à inclure tous les patients de 16 ans et plus atteints par une CMH. Trente variables – cliniques, démographiques, antécédents, échocardiographie - ont été intégrées à l’analyse : les chercheurs ont utilisé la méthode de classification ascendante hiérarchique (CAH) afin d’identifier des sous-groupes de patients dont les caractéristiques sont proches, afin d’établir le risque de FA qui leur est associé.

Principaux résultats

Au total, l’analyse a été conduite à partir des données de 1 275 patients, dont 67,7% d’hommes et d’âge médian 56 ans. Au cours du suivi sur 5 ans, 13,1% ont développé une FA, 26,9% ont été hospitalisés pour cause cardiovasculaire et 5,6% sont décédés.

Trois groupes de patients ont été identifiés à partir des données d'inclusion :  un premier groupe ayant le risque le plus élevé rassemblant 544 patients et pour lesquels la FA avait été de 29% à 5 ans, un groupe à faible risque rassemblant également 544 patients et ayant eu 5% de FA à 5 ans, et un groupe intermédiaire de 524 patients ayant eu 15,3% de FA sur 5 ans.

Les patients du groupe ayant le risque le plus élevé rassemblait des personnes plus âgées, plus souvent de sexe masculin, et ils avaient plus souvent des comorbidités cardiovasculaires (hypertension artérielle, dysfonctionnement rénal, comorbidité non cardiaque). Ils avaient aussi plus souvent des signes cardiaques tels qu’une classe fonctionnelle NYHA III/IV, des douleurs thoraciques, une syncope, des signes d'insuffisance ventriculaire droite ou des antécédents d'hospitalisation pour raison cardiaque. Enfin, à l’ECG, le groupe des patients à haut risque avait plus souvent une hypertrophie concentrique, un diamètre antéropostérieur de l’oreillette gauche élevé ou une dysfonction ventriculaire droite, notamment.

Le risque de décès et d’hospitalisation associés à la FA durant le suivi a été de 17,3% et 54,6% respectivement, contre 1,3 et 10,3% pour le groupe à plus faible risque.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

Crédit photo : Getty Images

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