COVID-19 : une étude française sur l’hésitation vaccinale des professionnels de santé

Fanny Le Brun

18 juin 2021

France – Une équipe de chercheurs français a évalué l’impact que peuvent avoir certaines caractéristiques d’un candidat vaccin contre le Covid-19 sur l’hésitation vaccinale des professionnels de santé. Les résultats ont été publiés dans Vaccines[1].

Différents scénarios

Pour réaliser leur évaluation, les chercheurs ont réalisé une étude multicentrique entre le 1er décembre 2020 et le 26 mars 2021 auprès de professionnels de santé naïfs de toute vaccination anti-Covid-19. Ces derniers ont été invités à remplir un auto-questionnaire en ligne. L’objectif était d’évaluer la volonté de se faire vacciner selon 8 scénarios de candidat vaccin présentés de façon séquentielle, toujours dans le même ordre.

Dans chacun de ces scénarios, l’efficacité du vaccin variait (25%, 50% ou 100%), tout comme la durée d’immunisation (1 an ou à vie) et la fréquence des évènements indésirables (<1/100, <1/10.000) ou leur sévérité (aucune, modérée, sévère). Par exemple, le scénario 1 correspondait au candidat vaccin idéal avec une efficacité de 100% durant toute la vie et sans évènement indésirable. Dans le scénario le pire, l’efficacité était de 50% et ne durait qu’un an avec des évènements indésirables sévères mais très rares (<1/10.000). Dans chaque scénario, il était supposé que l’épidémie de COVID-19 devenait annuelle et saisonnière.

Quatre groupes ont été identifiés

Les réponses de 4 349 professionnels de santé ont été analysées. Globalement, la volonté de se faire vacciner était de 53,2% et a augmenté avec le temps. Quatre groupes ont été identifiés : ceux souhaitant se faire vacciner quel que soit le scénario (18%), ceux ne voulant pas se faire vacciner du tout (22%), et ceux hésitant selon le type de scénario mais plus enclin à accepter (32%) ou à refuser (28%). Dans ces deux derniers sous-groupes, l’acceptation de la vaccination augmentait avec l’âge, le degré de formation et était plus élevée parmi les hommes avec comorbidités.

 
Globalement, la volonté de se faire vacciner était de 53,2% et a augmenté avec le temps.
 

Par rapport au scénario de candidat vaccin idéal, une réduction de l’efficacité de 50% entraînait une baisse moyenne de l’acceptation de 0,8 (DS ± 0,8 ; -23,5%) alors qu’elle allait de 1,4 (DS ± 1,0 ; -38,4%) à 2,1 (DS ± 1,0 ; -58,4%) en cas d’évènements indésirables sévères mais rares.

Représentation des principaux résultats tirés de la publication [1] (sous Creative Commons Licence)

Globalement, moins d’un tiers (29,6%) des professionnels de santé se disaient enclin à accepter un programme de vaccination obligatoire, cette acceptation étant positivement corrélée à la volonté d’être vacciné, allant de 2,4% parmi ceux ne voulant pas se faire vacciner à 60,0% parmi ceux voulant se faire vacciner.

 
Moins d’un tiers (29,6%) des professionnels de santé se disaient enclin à accepter un programme de vaccination obligatoire.
 

En conclusion, bien que les professionnels de santé représentent une population hétérogène, la majorité (80%) était prête à accepter la vaccination contre le Covid-19. Leur volonté de se faire vacciner a augmenté avec le temps et lorsque la vaccination est devenue disponible. Parmi les professionnels hésitants, la peur des évènements indésirables était la principale préoccupation. Des campagnes d’information ciblées rassurant sur la tolérance des vaccins pourrait permettre d’augmenter la couverture vaccinale, dans une population ayant une opinion bien tranchée sur les programmes de vaccination obligatoires.

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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