PR : le suivi à 10 ans de patients ayant été diagnostiqués précocement

Nathalie Barrès

16 juin 2021

France – La cohorte française ESPOIR a suivi durant 10 ans des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) diagnostiqués depuis moins de 6 mois et naïfs de traitement par DMARDs (Disease Modifying Anti-Rheumatic Drug). Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans Rheumatology[1].

Identifier les critères prédictifs de l’évolution de la maladie

Le développement d’une PR conduit après quelques années, fréquemment à des atteintes structurales et à des handicaps physiques. Le diagnostic et la prise en charge thérapeutique précoces, ainsi que les stratégies ciblées sont des éléments clés qui permettant une amélioration de la prise en charge de cette maladie.

C’est pourquoi la Société Française de Rhumatologie (SFR) a initié en 2003 la cohorte ESPOIR. Ainsi, entre 2003 et 2005, 813 patients ayant une forte probabilité de PR précoce (<6 mois) et naïfs de traitement de fond par DMARDs ou par corticoïdes ont été inclus. Ces patients étaient adressés par un rhumatologue ou médecin généraliste à l’un des 14 centres régionaux de rhumatologie. Les résultats à 5 ans avaient déjà fait l’objet d’une publication. Les analyses menées à 10 ans ont eu pour objectif d’identifier des critères prédictifs de l’évolution de la maladie. Les données présentées ont été comparées à celles de patients dont la maladie est apparue entre 1993 et 1994.

9 patients sur 10 ont reçu un DMARD

Au total, sur les 813 patients identifiés, 64,1% (n=521) satisfaisaient les critères ACR/EULAR pour la PR et ont été suivis durant 10 ans. À l’issue de ce suivi, 4,3% (n=10) étaient décédés, une proportion équivalente à celle de la population générale française, 36 ont été perdus de vue, 120 ont refusé le suivi et 101 ont eu une révision du diagnostic initial.

Sur l’ensemble des patients suivis, 92,1% patients ont reçu au moins un DMARD durant le suivi, et 33,4% un DMARD biologique (principalement un anti-TNF), soit 13,6% et 23,5% respectivement dans les 2 à 5 ans suivant l’inclusion. Plus de la moitié des patients (65,8%) avaient reçu de la prednisone au moins une fois durant les 10 ans de suivi (dose moyenne 8,3 mg/j, dose moyenne cumulée 8,7 g).

La positivité des ACPA, la positivité du facteur rhumatoïde de type IgM, l’augmentation du score sur l’échelle générique d’évaluation de l’état de santé SF36, l’absence de tabagisme, et un âge plus jeune à l’apparition des symptômes étaient des facteurs prédictifs de la prescription d’au moins un DMARDs biologique.

À 10 ans, la PR était contrôlée pour la moitié des sujets (52,4% ont atteint le critère DAS28-ESR), 39,7% une rémission CDAI. Pour 64,5% la maladie était de faible activité (selon le DAS28), 40,1% ont eu une rémission soutenue (DAS28) et 14,1% une rémission sans traitement.

En conclusion :

  • 9 patients sur 10 ont reçu un DMARD et 1 sur 3 un DMARD biologique au cours du suivi,

  • la PR était contrôlée pour la moitié des patients à 10 ans.

Globalement, l’évolution de la maladie (critères structuraux, qualité de vie, recours à la chirurgie, mortalité) des patients de la cohorte était lente. La prise en charge précoce et intensive semble contribuer à ces résultats.

 

Crédit photo : Getty Images

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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