Quand l'armée vaccine à tour de bras

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

1er juin 2021

Paris, France — Loin des vaccinodromes civils, un acteur prend à cœur sa participation à la vaccination de masse : l'armée. Mobilisé depuis 2020 dans la lutte contre le Covid-19, le service de santé des armées (SSA) intervient à ce titre au sein de la mission Résilience (voir encadré). « Plus de 50 000 patients civils ont été accueillis dans les hôpitaux des armées, dont plus de 1600 en service de réanimation. Nous avons par ailleurs opéré 163 transferts médicaux d'urgence", a rappelé le médecin chef des services, le Dr Didier Lanteri, lors d’une conférence de presse.

Un objectif de 1000 doses par jour 

Depuis le début du mois de janvier, néanmoins, le service de santé des armées a mis à disposition son expertise logistique et sanitaire à des fins de vaccination de masse. Ainsi 7 grands centres de vaccination ont ouvert le 5 avril dans le cadre de "Résilience" : on les trouve dans les Hôpitaux d’instruction des armées (HIA) de Laveran (Marseille), Sainte-Anne (Toulon), Legouest (Metz), Bégin (Saint-Mandé), Percy (Clamart), Robert Picqué (Bordeaux), Clermont Tonnerre (Brest), et à partir du 13 mai 202, s’y ajoute le centre des Écoles militaires de santé Lyon-Bron. Ces centres de vaccination sont intégralement gérés par le ministère des Armées : le Service de santé des armées accueille, gère la logistique et vaccine les patients. « À ce jour, 92 000 doses vaccinales ont pu être délivrées, et nous visons un objectif de 1000 doses par jour », ajoute le Dr Lanteri.

Dans tous ces lieux, le SSA relève d'une mission interministérielle, tout en étant placé sous la houlette préfectorale. L'approvisionnement en vaccins dépend pour sa part des agences régionales de santé (ARS). « La majorité des vaccins dispensés sont des vaccins PfizerBioNTech mais nous administrons aussi des vaccins Astra Zeneca.

Au 13 mai, l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon a dépassé les 1000 doses par jour, et Percy (Clamart) en délivre 800 », précise le Dr Lanteri.

Entre 6000 à 8000 doses par jour à Olivet (45)

L’armée participe par ailleurs à trois centres civilo-militaires : les « Pôles militaires de vaccination (PMV) » à Olivet, Dijon et Mérignac. « Le ministère des Armées assure la logistique et le fonctionnement de ces centres ; des soignants de la santé publique y assurent la vaccination », précise le ministère de la défense dans un communiqué.

Près d’Orléans, le centre militaire d'Olivet est le premier à avoir ouvert ses portes aux civils, et il assure actuellement entre 6000 et 8000 doses par semaine, selon le colonel Antoine Verlet, responsable de ce pôle militaire. Si les soldats interviennent dans ce pôle, après avoir suivi une formation, pour gérer le flux des patients, la mairie et la fédération française de sauvetage leur prêtent assistance. « La mairie nous fournit les locaux et s'occupe de la gestion de l'agenda sur Doctolib, tandis que la fédération française de sauvetage et de secourisme pratique la vaccination, gère le planning ainsi que les stocks de vaccin », détaille le responsable, qui peut se targuer de vacciner quelque 1250 patients par jour. « 60 soldats sont sur place dont 45 en permanence », ajoute-t-il. Au 11 mai, 23039 vaccinations avaient été effectués.

L'armée au secours de la Guyane

Cette mission de vaccination s'ajoute au transport de fret vers les Outre-mer, mais aussi à la prise en charge de patients atteints du Covid : « aujourd'hui, il nous reste 45 patients en réanimation, et après avoir déprogrammé, nous sommes en train de reprendre une activité normale » a assuré le Dr Lanteri, médecin chef des services.

En outre, face à une recrudescence de l'épidémie de Covid-19 en Guyane, le SSA (et le régiment médical de l'armée de terre), sollicité par le ministère de la santé, y a envoyé une équipe de 35 militaires, médecins, infirmiers, aides-soignants. Cette équipe, implantée au sein du centre hospitalier de Cayenne « sera en mesure d’accueillir cinq patients en état de réanimation », précise un communiqué du ministère de la défense. Les premiers patients y ont été accueillis le 10 mai dernier.

Qu'est-ce que la mission Résilience ?

Lancé le 25 mars 2020, « l’opération "Résilience" constitue la contribution des armées à l’engagement interministériel contre la propagation du COVID-19 », précise le service presse du ministère de la Défense. Dans le domaine sanitaire, Résilience a pris une part active « au désengorgement en 2020 des zones les plus lourdement frappées par le coronavirus, à travers l’Elément militaire de réanimation (EMR-SSA) à Mulhouse, mais aussi le transport médical avec les moyens de l’armée de Terre (NH90 Caïman), de la Marine nationale (PHA Tonnerre), et de l’armée de l’Air (module Morphée) ». Au niveau logistique, Résilience intervient via « le transport de fret aérien, terrestre, ou maritime, la mise à disposition d’emprises, ou l’affectation d’experts logistiques auprès des autorités civiles et sanitaires pour les appuyer dans ce domaine clé de la lutte contre le coronavirus ». Par ailleurs, les militaires « de l’opération "Résilience" peuvent assurer la protection de sites sensibles militaires et civils, ainsi que des missions de surveillance et de présence dissuasive »

 

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