COVID-19 : situation tendue en Asie, déconfinement en Europe, un virologue menacé en Belgique…Focus sur l’actualité internationale

L’équipe rédactionnelle

Auteurs et déclarations

21 mai 2021

International — En raison de l'évolution de la pandémie COVID-19, nous vous proposons chaque semaine une sélection d’actualités internationales couvertes par nos équipes éditoriales locales*.

ASIE

Malgré une baisse du nombre de cas quotidiens au cours des derniers jours, l'Inde a atteint un nouveau record de décès quotidiens par COVID-19 le 19 mai, avec 4 529 décès enregistrés au cours des dernières 24 heures.

Singapour fermera la plupart de ses écoles à partir du 19 mai après que le ministre de l'éducation Chan Chun Sing ait averti que de nouveaux variants du SRAS-CoV-2, dont le variant “indien” B.1.617, toucherait davantage les enfants. Le pays se prépare à vacciner les jeunes.

Le 14 mai, le Japon a étendu l'état d'urgence à 3 préfectures supplémentaires, Hokkaido, Okayama et Hiroshima, gravement touchées par le COVID-19. Le 18 mai, le nombre de patients gravement malades du COVID-19 dans le pays a atteint le chiffre record de 1 235. En parallèle, l'opposition aux Jeux olympiques d'été à Tokyo continue de croître. Selon un nouveau sondage, 43 % des personnes interrogées souhaitent que les jeux soient annulés, tandis que 40 % souhaitent qu'ils soient encore reportés.

Taïwan a signalé une recrudescence des cas de COVID-19 dans le pays, ce qui a entraîné la mise en place de nouvelles restrictions. Le niveau d'alerte national a été relevé au niveau 3 dans le cadre d'un système à quatre niveaux, qui rend obligatoire le port de masques à l'extérieur et limite les rassemblements publics à cinq à l'intérieur et à dix à l'extérieur.

EUROPE

Au Royaume-Uni, les restrictions liées au COVID-19 ont encore été assouplies depuis le 17 mai, de sorte que des millions de personnes dans toute l'Angleterre, l'Ecosse et le Pays de Galles sont désormais autorisées à se réunir en nombre limité à l'intérieur, à avoir des contacts étroits et à fréquenter les pubs et les restaurants à l'intérieur. Les cinémas, les musées et les autres loisirs en intérieur peuvent également ouvrir leurs portes. Alors que l'étape 3 de la feuille de route du gouvernement britannique pour un retour à la “vie normale” est entrée en vigueur, le Premier ministre Boris Johnson a toutefois appelé à une « forte dose de prudence », principalement en raison des incertitudes concernant le variant « indien » B.1.617.2.

En conséquence, Boris Johnson a conseillé à toutes les personnes pouvant prétendre à un vaccin et qui ne l'ont pas encore reçu de saisir l'occasion, et a déclaré que les deuxièmes doses pour les plus de 50 ans, qui doivent actuellement être administrées 10 à 12 semaines après la première dose, seraient avancées de sorte que l'intervalle ne soit plus que de 8 semaines. Plus de 36 millions de personnes ont maintenant reçu une dose du vaccin COVID-19 au Royaume-Uni et plus de 20 millions ont reçu les deux doses. Le déploiement du vaccin se poursuit cette semaine, les trentenaires étant invités à prendre rendez-vous pour leur première dose.

En Belgique, un éminent virologue, le Pr Marc Van Ranst et sa famille ont été placés sous protection dans un lieu inconnu après qu’un homme lourdement armé l’ait menacé. Très médiatique, le médecin est la cible de mouvements d’extrême droite anti-vaccins depuis plusieurs mois.

Concernant la situation dans le pays, les chiffres vont enfin dans le bon sens, et 33% de la population a reçu au moins une dose du vaccin.  La Belgique a décidé d'administrer une troisième dose de vaccin pour renforcer l'immunité à partir du quatrième trimestre 2021.  Le certificat vert numérique permettra aux personnes qui n'ont reçu qu'une seule injection de voyager entre les États membres de l'Union européenne cet été.

Au Portugal, des experts portent leur attention sur le syndrome de Covid long. Dans un entretien accordé à Agência Lusa, le président de l'Association portugaise de médecine générale et familiale (APMGF), le Dr Nuno Jacinto a reconnu que les séquelles de l'infection par le virus SRAS-CoV-2 sont « une zone très grise », et que le Portugal « n'a pas encore de recommandations bien définies » pour le suivi des patients.

Selon le rapport de la Direction générale de la santé (DGS) portugaise du 18 mai, les nouveaux cas augmentent et les hospitalisations diminuent. Mardi (18), un décret a été publié pour réglementer l'accès aux plages à partir du 12 juin. Les personnes qui ne respectent pas les règles peuvent désormais se voir infliger une amende. Selon l'une des règles, il est obligatoire de porter un masque jusqu'à ce que vous atteigniez la zone de sable s'il est impossible de maintenir la distance sociale recommandée.

Au 18 mai, le Portugal avait administré 4 515 124 doses de vaccin anti-coronavirus. Le nombre total de décès depuis le début de la pandémie était de 17 009 et le nombre total de cas d'infection confirmés était de 842 381. Le 14 mai, le gouvernement portugais a annoncé qu'il mettait à disposition du Cap-Vert 24 000 doses de vaccins COVID-19 en raison de l'aggravation de la pandémie dans l’archipel.

En France, mercredi 19 mai, les terrasses, cafés, théâtres, cinémas et monuments ont rouvert avec des jauges limitées. Au 18 mai, 17 210 nouveaux cas de COVID-19 ont été identifiés et le taux d'incidence a diminué à 148,87 cas pour 100 000 habitants.

En ce qui concerne la vaccination, 31,5% de la population totale et 40,2% de la population adulte ont reçu une dose de vaccin et 13,6% de la population totale et 17,4% de la population adulte ont reçu deux doses. La vaccination sera finalement ouverte à tous les adultes dès le 31 mai au lieu du 15 juin, date retenue au départ.

Sur le plan de la pharmacovigilance, quatre nouvelles thromboses atypiques associées au vaccin d'AstraZeneca, dont deux ont entraîné le décès, ont été signalées en France entre le 23 avril et le 6 mai. Les personnes concernées sont deux hommes quinquagénaires et deux femmes sexagénaire et septuagénaire. Au total, « 34 cas, dont 11 décès » de thrombose rare sont survenus en France sur plus de quatre millions d'injections réalisées au 6 mai, a indiqué l'Agence française du médicament (ANSM).

La Haute Autorité de Santé a maintenu l'indication de Vaxzevria pour les personnes de plus de 55 ans uniquement.

En Italie, le gouvernement italien a procédé lundi à une révision de son calendrier de réouverture, alors que la situation sanitaire continue de s'améliorer dans le pays. Les changements incluent l'autorisation de rouvrir les gymnases plus tôt que prévu et le décalage du couvre-feu à 23 heures. Le pays a commencé à assouplir les restrictions le 26 avril. Les écoles, les musées, les cinémas et les magasins sont désormais ouverts dans les zones jaunes à faible risque (19 des 20 régions italiennes).

À partir du 22 mai, les centres commerciaux seront autorisés à rouvrir le week-end et non plus seulement les jours de semaine. Le 24 mai, les salles de sport rouvriront également leurs portes, une semaine plus tôt que prévu. D'ici le 1er juin, les bars et les restaurants qui n'ont pas de terrasse rouvriront avec un service en salle à l'heure du déjeuner.

Le ministre de la santé, Roberto Speranza, a autorisé l'entrée des ressortissants des pays de l'Union européenne, de l'espace Shengen, de la Grande-Bretagne et d'Israël, s’ils sont munis d’un test négatif effectué dans les 48 heures précédant l'arrivée en Italie, sans quarantaine obligatoire. Toutefois, les restrictions visant le Brésil ont été prolongées jusqu'au 30 juillet 2021.

Le ministre a également ordonné l'extension des essais de vols "testés Covid", déjà en place dans les aéroports de Rome et de Milan, à Venise et à Naples. Les passagers de ces vols doivent passer un test antigénique avant le départ et, à l'arrivée et ils sont autorisés à entrer et à voyager en Italie sans avoir à subir de quarantaine. Jusqu'à présent, ces vols ne sont disponibles qu'entre les États-Unis et l'Italie, mais ils seront étendus aux départs du Canada, du Japon et des Émirats arabes unis.

L'Autriche va cesser d'utiliser le vaccin d'AstraZeneca en raison des problèmes de livraison et de sa mauvaise réputation. Cette décision suit celles de la Norvège et du Danemark qui avaient justifié leur choix par les risques rares mais graves de thromboses atypiques.

En Allemagne, la 3e vague de COVID est désormais considérée comme dépassée. L'une des raisons de cette évolution favorable semble être l'avancée de la campagne de vaccination. Dix pour cent de la population ont été vaccinés deux fois, et un tiers une fois. À l'échelle nationale, l'incidence sur 7 jours est passée sous le seuil de 100/100 000 habitants dans un nombre grandissant de régions. Le 7 juin, la priorisation de la vaccination prendra fin dans tout le pays.

Depuis le début de la semaine, une polémique divise l'opinion publique (Divigate). Un groupe a accusé la Société allemande de médecine de soins intensifs (DIVI) d'avoir menti en exagérant la gravité de la situation pendant la première et la deuxième vague, ce qui leur aurait permis de réaliser des gains financiers. Les affirmations des auteurs sont toutefois difficilement soutenables et facilement réfutables. L'association critiquée parle d'une « gifle au visage du personnel de soins intensifs ».

L'Espagne a quitté le niveau de « risque élevé » pour revenir au niveau de « risque moyen » pour la première fois depuis fin mars, avec une incidence à 14 jours de ~ 130 pour 100 000 habitants. Les gouvernements central et régionaux discuteront mercredi de la feuille de route pour un retour en classe. Les syndicats dénoncent le manque de médecins en Espagne. 9 500 médecins généralistes supplémentaires seraient nécessaires pour atteindre la moyenne européenne.

En ce qui concerne la campagne de vaccination, le dernier rapport confirme qu'un citoyen sur trois a déjà reçu au moins une dose du vaccin COVID-19, ce qui représente 32,2% de la population espagnole. La commission de santé publique du ministère de la santé a approuvé l'administration du vaccin Pfizer aux personnes de moins de 60 ans qui ont déjà reçu la première dose d'AstraZeneca. Cette décision intervient après la publication des résultats préliminaires de l'étude Combivacs qui suggèrent que l'administration du vaccin AstraZeneca suivie d'une dose Pfizer est sûre et efficace.

AMERIQUES

L'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a confirmé que les quatre variants préoccupants ont été détectés sur le continent américain : B.1.1.7, B.1.352, P.1 et B.1.617.

Aux États-Unis, le nombre de cas et de décès liés au COVID continue de diminuer. Les vaccins sont désormais disponibles pour toute personne âgée de 12 ans et plus.  Alors que plus d'un tiers des Américains sont entièrement vaccinés, les CDC ont publié la semaine dernière de nouvelles directives controversées concernant les masques, indiquant que les personnes ayant reçu leur dernière dose de vaccin depuis au moins deux semaines peuvent retirer leur masque dans la plupart des cas.  Les États se sont appuyés sur ces nouvelles directives pour abandonner l'obligation de porter un masque.

Bien que l'Amérique ait la chance de disposer d'un grand nombre de vaccins très efficaces, le rythme de la vaccination a ralenti, ce qui a poussé certains États à lancer des incitations pour tenter de convaincre les personnes qui hésitent à se faire vacciner. L'Ohio, par exemple, offre cinq prix d'un million de dollars chacun dans une loterie à laquelle les gens peuvent participer s'ils se font vacciner. La stratégie semble fonctionner.

Le président Biden a déclaré qu'il enverrait 20 millions de doses de vaccins supplémentaires à d'autres pays, portant à 80 millions le nombre total de doses promises à l'aide internationale.  D’après certaines critiques, les Etats-Unis ne ferait pas assez pour aider le reste du monde.

Au Mexique, au dimanche 16 mai, le ministère de la santé a indiqué que les infections étaient en baisse depuis 17 semaines consécutives. Le 18 mai, la vaccination du personnel éducatif a commencé avec le vaccin CanSino, dans le cadre du plan visant à immuniser l'ensemble de la population mexicaine avant la fin du mois d'octobre. Le chancelier mexicain a annoncé que le premier lot du vaccin COVID-19 d'AstraZeneca conditionné au Mexique devrait être prêt le 24 ou le 25 mai.

Au Chili, des élections ont eu lieu les 15 et 16 mai pour élire les membres de la convention qui rédigera la nouvelle Constitution. Au cours de ce week-end, le ministère de la Santé a rapporté un total de 6 769 nouveaux cas de COVID-19. Plus de 39,78% de la population du pays a été vaccinée.

Au Paraguay, le 18 mai, le ministère de la Santé a rapporté le plus grand nombre de décès dus au COVID-19 depuis le début de la pandémie : 110 décès. Le même jour, la vaccination des personnes âgées de 65 ans et plus a commencé.

En Bolivie, en Colombie, au Venezuela et en Équateur, un couvre-feu nocturne a été mis en place pour réduire le nombre d'infections. Le 17 mai, le Panama a signalé son deuxième jour consécutif sans aucun décès dû au COVID-19.

En Argentine, le mardi 18 mai a été le jour comptabilisant le nombre de cas le plus élevé depuis le début de la pandémie en 2020 : plus de 35 000 cas confirmés de COVID-19 et une occupation de 72 à 76 % des unités de soins intensifs.

Au cours des deux dernières semaines, le Brésil a enregistré une baisse de 19 % de la moyenne des décès liés au COVID-19, selon le consortium de presse qui surveille la pandémie dans le pays. Mais les experts restent inquiets car, dimanche 16, le taux moyen de décès a de nouveau augmenté. La vaccination progresse lentement. Selon une récente projection de l'Institut de métrologie sanitaire et d'évaluation de l'Université de Washington, le pays pourrait atteindre plus de 750 000 décès d'ici la fin du mois d'août si le rythme de la vaccination ne s’accélère pas. À ce jour, 18,54 % de la population (39 263 416 personnes) ont reçu une première dose de vaccin et 9,17 % (19 423 560 personnes) ont été entièrement vaccinées.

De nouvelles recommandations pour le traitement hospitalier des patients atteints de COVID-19, élaboré par le ministère de la Santé, sont en cours d’évaluation par les autorités sanitaires. Réalisé à partir d'un examen des études et des recommandations, le document ne recommande pas l'hydroxychloroquine. Le document n'indique pas non plus d’autres médicaments comme l'ivermectine et l'azithromycine. De manière surprenante, la position du ministère va à l'opposé de la politique adoptée par le gouvernement fédéral qui est diffusée par l'ancien ministre de la santé, le général Eduardo Pazuello. L'utilisation de ces médicaments suscite l'indignation de la plupart des médecins, mais le Conseil fédéral de médecine du pays ne s'est pas positionné contre jusqu'à présent.

 

*Ont collaboré à cet article Aude Lecrubier (Medscape édition française), Leoleli Schwartz (Medscape en portugais), Tim Locke (Medscape Royaume-Uni), Mariana Lopez (Medscape en espagnole), rédaction Coliquio (Allemagne), Sabine Verschelde (MediQuality), Daniela Ovadia (Univadis Italie), Pavankumar Kamat (Univadis pour l’Asie), Sarah Issa et Ben Gallarda (Univadis).

A noter :Ce tour d’horizon donne un aperçu de pratiques cliniques, recommandations, découvertes émergentes au cours de cette pandémie. De manière générale, toutes les informations concernant COVID-19 sont susceptibles de subir une actualisation avec l’avancée des connaissances. Les dates de publication des articles sont plus que jamais importantes. Certaines des informations ci-dessous peuvent également ne pas être en adéquation avec les directives des autorités sanitaires françaises. 

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