COVID-19 : les vaccins à ARNm sont-ils interchangeables ?

Fanny Le Brun

11 mai 2021

France – Peut-on réaliser un schéma vaccinal avec deux vaccins à ARNm de spécialités différentes ? A ce stade, le HAS a répond non, sauf situation exceptionnelle – comme une tension d’approvisionnement pour l’un ou l’autre des vaccins à ARNm – qui empêcherait la deuxième injection dans le délai imparti [1].

Pas d’interchangeabilité, sauf cas exceptionnel

Les vaccins anti-COVID-19 développés par Pfizer/BioNTech et Moderna sont tous les deux constitués d’un ARN messager encapsulé dans une nanoparticule lipidique codant pour la protéine Spike de la souche Wuhan. Leurs schémas de vaccination comportent deux doses, espacées de 21 jours pour le vaccin de Pfizer/BioNTech et 28 jours pour le vaccin de Moderna (selon l’autorisation de mise sur le marché). En l’absence de données sur l’interchangeabilité de ces deux vaccins, les résumés des caractéristiques de ces produits indiquent que le schéma de vaccination doit être réalisé avec le même vaccin. Cependant, étant donné leurs similitudes concernant leur composition, leur efficacité et leur tolérance, le Directeur général de la santé a saisi la Haute autorité de santé (HAS) pour évaluer la possibilité de réaliser un schéma vaccinal avec deux vaccins à ARNm de spécialités différentes.

Après étude de cette question, la HAS a rendu son avis : « en l’absence de donnée sur l’interchangeabilité des deux vaccins à ARNm et en l’absence d’intérêt spécifique pour la personne dans un contexte particulier (tel que cela a pu être le cas avant d’envisager la stratégie de type prime boost hétérologue combinant le vaccin VAXZEVRIA [AstraZeneca] et un vaccin à ARNm), la HAS recommande de réaliser le schéma vaccinal complet avec le même vaccin à ARNm pour la première et la seconde dose ».

La HAS considère toutefois que dans le cas où la deuxième dose ne pourrait être faite avec le même vaccin à ARNm aux date et lieu prévus, par exemple en cas de forte tension d’approvisionnement pour l’un ou l’autre des vaccins à ARNm, il est alors « dans l’intérêt de la personne  de ne pas reporter cette seconde injection au-delà des 42 jours recommandés mais de recourir à un vaccin à ARNm de spécialité différente de celle qui a été administrée pour la première injection ». Si cela devait arriver, la HAS recommande d’assurer une traçabilité précise des personnes et soutient la mise en place d’une étude de cohorte pour évaluer la réponse immunitaire conférée par ce schéma de vaccination, ainsi qu’un suivi spécifique de la pharmacovigilance.

En fonction de l’évolution des données sur la vaccination hétérologue, la HAS pourrait être amenée à faire évoluer sa position. Elle recommande d’ailleurs la mise en place rapide d’une étude clinique sur le sujet.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

Source photo : Getty images

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....