Comment gérer les patients COVID-19 en ambulatoire ? La HAS donne des recommandations

Anne-Gaëlle Moulun

Auteurs et déclarations

19 avril 2021

Paris, France « Même lorsque les symptômes sont légers au début, la maladie Covid-19 peut entraîner une détérioration rapide de l'état de santé dans les 6 à 12 jours après son apparition », met en garde la HAS. Dans un but de prévention et afin d'éviter des hospitalisations en urgence, la HAS vient de publier des Réponses rapides décrivant les premiers signes évocateurs d'une forme grave sur le plan respiratoire à surveiller ainsi que le suivi à apporter aux patients, même asymptomatiques. La HAS recommande que toute personne diagnostiquée positive au Covid-19 soit informée sur les signes devant alerter, bénéficie d’une consultation systématique d'un médecin généraliste et se voit prescrire, si besoin, un oxymètre de pouls.

Cette fiche se justifie par le fait que certains patients tardent à consulter. Interrogée par Medscape, le Dr Agnès Ricard-Hibon, ex-présidente de la Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU), confirme : « il arrive que les patients tardent à nous appeler, soit par méconnaissance du système de soins, soit par autocensure, soit parce qu’ils ne sont pas conscients de la gravité de leur état. Il y a eu beaucoup de communication sur le fait que les patients âgés étaient les plus touchés par la Covid-19, donc les plus jeunes ne pensent pas forcément pouvoir être concernés. Et chez les plus âgés, il y a une crainte de venir dans les hôpitaux », pointe-t-elle. « Nous avons aussi des patients qui sont suivis en ville mais qui décompensent et doivent être hospitalisés en urgence », observe-t-elle.

Sensibiliser le patient aux risques d’aggravation

Dans ses Réponses rapides, la HAS indique que « le patient doit être prévenu que, même s'il a peu de symptômes, son état peut s'aggraver, en particulier entre le 6e et le 12e jour suivant l'apparition des symptômes, et qu'il doit contacter le SAMU s'il a une douleur thoracique, les lèvres bleues ou encore une perte de connaissance. Cette information doit être délivrée par le professionnel qui rend le résultat positif, quel que soit le lieu de prélèvement et la nature du test utilisé. La HAS recommande aussi « que tout patient positif à la Covid-19 soit redirigé vers un médecin généraliste afin d'effectuer une consultation en présentiel ou, à défaut, via une téléconsultation. Cette consultation est l'occasion de faire le bilan sur l'état de santé du patient, de repérer d'éventuels facteurs de risque de faire une forme sévère de la maladie, d'initier la prise en charge et de mettre en place une surveillance adaptée à son profil ».

Surveillance par un oxymètre de pouls recommandée

La mesure de la saturation pulsée en oxygène (SpO2) au doigt fait partie de l’évaluation médicale du patient. Le médecin généraliste doit réaliser systématiquement une mesure de la SpO2 au repos, et à l’effort si la SpO2 est ≥ 96 % au repos. Une surveillance renforcée par un oxymètre de pouls (ou saturomètre) est par ailleurs indiquée chez les patients de 65 ans et plus, ou ayant des signes respiratoires ou d’autres facteurs de risque de forme grave de Covid-19. La mesure de la SpO2 est ainsi réalisée au moins 3 fois par 24 heures par le patient ou par un infirmier et quelques bonnes pratiques doivent être respectées : repos 5 min avant la mesure, position verticale, sans vernis à ongle, etc.
« Une saturation en oxygène inférieure à 95%, un essoufflement, des sueurs ou encore un malaise sont des critères devant déclencher un appel au SAMU – Centre 15 par le patient, son entourage ou le professionnel de santé », recommande la HAS (voir organigramme). « Il faut bien rappeler au patient d’appeler le 15 plutôt que de se déplacer aux urgences, préconise le Dr Agnès Ricard-Hibon. En effet, c’est le médecin du centre 15 qui va évaluer son besoin de santé et proposer la prise en charge dans la bonne filière de soin, adaptée à son état. En cas de signes graves, le SAMU envoie une ambulance pour emmener le patient vers une réanimation disponible, sans emboliser la salle d’attente des urgences et sans prendre le risque de contaminer d’autres personnes », conclut-elle.

 
Il faut bien rappeler au patient d’appeler le 15 plutôt que de se déplacer aux urgences. Dr Agnès Ricard-Hibon
 

 

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