Cas clinique : adénome à prolactine chez une femme enceinte

Dr José Gotés Palazuelos

Auteurs et déclarations

9 avril 2021

Le diagnostic évoqué est celui d’un macroprolactinome, sans compression chiasmatique. Dans ce contexte, un traitement par agoniste dopaminergique est introduit, permettant une réponse biochimique satisfaisante et une diminution de la taille de la tumeur. Cependant, la grossesse débutante doit conduire à une modification du traitement de fond.

En effet, durant la grossesse, il existe des changements hormonaux induits par l’hypophyse. Cette dernière augmente de taille et de volume à hauteur de 30%, voire plus, en raison de variations dans la production d’hormones placentaires et des besoins du corps à la préparation de la grossesse. Par exemple, les cellules lactotropes, productrices de prolactine, sont celles dont le nombre augmente le plus significativement, jusqu’à 40%.

Pour cette raison, il n’est pas inhabituel de voir se développer pendant la grossesse des adénomes hypophysaires sécrétant de la prolactine, que l’on appelle micro- ou macroprolactinomes.

Entre 1,5% et 5% des micro-adénomes et 15% à 40% des macro-adénomes pourront augmenter de taille pendant la grossesse. Le degré d’expansion tumorale varie d’une personne à l’autre et n’est pas prévisible. Nous savons seulement que le risque est augmenté dans le cadre de lésions suprasellaires ou d’envahissement du sinus caverneux. [1]

D'autre part, l'utilisation d'agonistes de la dopamine, tels que la cabergoline n'est pas recommandée pendant la grossesse en raison de la possibilité de traverser le placenta et du risque potentiel de lésions fœtales. [2]

Compte-tenu de ces données, il a été décidé, chez cette patiente, de suspendre le traitement pharmacologique et de surveiller l’apparition de manifestations cliniques telles que céphalées ou altération du champ visuel, arguments évocateurs d’une expansion tumorale par compression suprasellaire et chiasmatique.

Il convient de mentionner que chez la femme enceinte, il est habituel d’observer une élévation du taux de prolactine. Il n’est donc pas utile de mesurer ce taux pendant la grossesse, cela n’aura aucune incidence sur la prise en charge.

Enfin, si des arguments cliniques évocateurs de croissance tumorale telles que les céphalées et les troubles visuels s’avèrent être présents, un examen du champ visuel et la réalisation d’une IRM peuvent être envisagés. En fonction des résultats, il pourra être proposé une réflexion autour de la prise en charge. [2,3]

 

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